Mbour : Une femme devant le tribunal pour bigamie après un remariage précipité
Le Tribunal d’instance de Mbour a examiné, ce jeudi 18 juin, une affaire de bigamie qui met en lumière les conséquences juridiques d’une rupture unilatérale du mariage. La prévenue, M. D. Kane, est accusée d’avoir contracté une nouvelle union à Kaolack alors que son premier mariage, célébré avec un commerçant de Mbour, n’avait pas été officiellement dissous.
Chronique d’une rupture clandestine
Les faits remontent à la fin de l’année 2025. Mariée depuis seulement deux mois, M. D. Kane a quitté le domicile conjugal le 29 décembre. C’est en tentant d’entamer une médiation pour ramener son épouse au foyer, au début du mois de janvier, que le plaignant, T. A. Ndiaye, a découvert avec stupeur que sa femme s’était remariée en secret à Kaolack. La plainte déposée par le commerçant auprès du commissariat urbain de Diamaguène a rapidement conduit à l’ouverture d’une procédure judiciaire.
Des versions divergentes à la barre
Lors de son audience, la prévenue a reconnu les faits sans détour. Elle a justifié son remariage par une rupture de fait, invoquant des raisons de santé et un long séjour chez ses parents à Dakar pour expliquer son départ. Toutefois, elle a admis devant le tribunal ne disposer d’aucun document officiel attestant d’un divorce, prétextant une obstruction de la part de son premier époux.
Une version vigoureusement contestée par la partie civile. Le commerçant a qualifié son ex-épouse de « profiteuse », affirmant qu’elle aurait multiplié les tensions dans le couple deux semaines seulement après leur union. Selon lui, cette stratégie visait uniquement à se séparer de lui après avoir dépensé la totalité de la dot, fixée à 500 000 FCFA. Il réclame aujourd’hui le remboursement intégral de cette somme, assorti de dommages et intérêts.
Le parquet inflexible
Qualifiant les faits de « bigamie caractérisée », le procureur de la République a insisté sur l’irrespect des procédures légales de séparation, rappelant que l’absence de divorce formel rend le second mariage nul et illégal au regard du Code de la famille sénégalais.
Le représentant du ministère public a requis l’application stricte de la loi. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré au 16 juillet prochain, date à laquelle le verdict sera rendu.

