Succession à l’ONU : Macky Sall affiche sa proximité avec la ligne Trump
Dans une interview exclusive accordée au média américain Breitbart News, l’ancien président du Sénégal, Macky Sall, candidat déclaré à la succession d’António Guterres au poste de secrétaire général des Nations unies, a fait sensation. En reprenant explicitement les codes et la rhétorique du président américain Donald Trump, il se positionne comme le candidat du changement et de la rigueur budgétaire pour une ONU qu’il souhaite « rendre à sa grandeur ».
Un positionnement stratégique à Washington
À quelques mois de l’élection prévue en septembre lors de l’Assemblée générale, Macky Sall multiplie les gages de bonne volonté envers l’administration américaine. Alors que sa candidature est déjà soutenue par la France, l’ancien chef d’État sénégalais cherche désormais à sécuriser l’appui de Washington et à écarter toute menace de veto au sein du Conseil de sécurité.
Dans ses échanges avec le journaliste Matthew Boyle, M. Sall n’a pas ménagé ses éloges envers Donald Trump, qu’il qualifie de « bâtisseur de paix ». Il s’est ainsi aligné sur le slogan « MUNGA » (Make the UN Great Again), prônant une réforme profonde de l’institution internationale, en totale cohérence avec les positions de l’ambassadeur américain Mike Waltz.
Rigueur budgétaire et réformes structurelles
Le candidat sénégalais a identifié plusieurs leviers pour transformer l’ONU :
- Rationalisation : Il déplore l’accumulation de plus de 40 000 mandats sans évaluation réelle et appelle à supprimer les programmes obsolètes et les doublons entre agences.
- Réduction des coûts : À l’instar des politiques républicaines de réduction des dépenses publiques, il propose une gestion plus stricte du personnel, suggérant la délocalisation d’agents vers des sièges moins onéreux (Nairobi, Bangkok) pour contrer le coût de la vie new-yorkais.
- Technologie : Il préconise un recours massif à l’intelligence artificielle pour optimiser l’efficacité opérationnelle de l’organisation.
Une vision sécuritaire et migratoire alignée
Sur les dossiers brûlants de la sécurité et de l’immigration, Macky Sall adopte une ligne ferme. Il appelle l’ONU à devenir la plateforme mondiale centrale pour endiguer le terrorisme. Concernant l’immigration irrégulière, il propose de coupler la lutte contre les flux clandestins avec des politiques de développement économique local en Afrique. L’idée est de favoriser la transformation des matières premières sur place pour créer des emplois et retenir les populations.
« Le meilleur partenaire possible »
L’ancien président sénégalais se présente comme un leader indépendant, capable de servir de pont entre les grandes puissances mondiales. « Si les dirigeants cherchent quelqu’un capable d’être un secrétaire général très indépendant, apte à travailler en étroite collaboration diplomatique sans s’épancher continuellement dans la presse […] je pense être le meilleur partenaire possible pour les États-Unis », a-t-il déclaré.
En insistant sur l’obligation de rendre des comptes et la nécessité d’un budget transparent, Macky Sall tente de convaincre que sa vision, bien que radicale, est la seule garante d’une ONU efficace. Reste désormais à savoir comment cette rhétorique « trumpiste » sera accueillie par les autres membres permanents du Conseil de sécurité, notamment la Chine et la Russie, dont les relations avec Washington sont loin d’être apaisées.

