Tensions et grève à l’UCAD : le campus sous haute pression

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) vit une période de tensions marquées par une grève étudiante prolongée, des affrontements avec les forces de sécurité et des interpellations sur le campus, selon plusieurs sources d’actualité.
Depuis plusieurs semaines, les étudiants poursuivent une mobilisation qui a débuté dans la foulée d’une crise liée au paiement des bourses universitaires et à d’autres revendications sociopédagogiques. Des sit-in et manifestations ont parfois dégénéré en affrontements avec les forces de défense et de sécurité sur le campus.
Ce lundi, la situation est restée très tendue, malgré l’annonce faite par le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) de la réouverture des restaurants universitaires après trois jours de fermeture.
Violences et interpellations
Des scènes de chaos ont été signalées à l’intérieur du campus, avec l’emploi de grenades lacrymogènes dans les pavillons, des apprenants pris à partie, et des étudiantes asphyxiées par les gaz, rapportent des témoins présents sur les lieux.
Une vaste opération d’interpellations serait également en cours, alors que la grève étudiante se poursuit et que des affrontements entre manifestants et autorités ont été recensés.
Une vidéo relayée sur les réseaux sociaux montre un étudiant pris à partie et roué de coups de pied par des policiers dans l’enceinte du campus, un indicateur de l’intensité des tensions, selon certaines sources.
Origines de la crise
Les mobilisations étudiantes, qui avaient repris de l’ampleur ces derniers mois, trouvent leurs racines dans des frustrations liées au non-paiement ou au retard des bourses d’études, une revendication qui avait déjà conduit à des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre en fin d’année dernière.
En décembre 2025, des policiers avaient été autorisés par les autorités académiques à intervenir sur le campus afin de protéger les infrastructures et de sécuriser les activités pédagogiques face à des destructions et des heurts répétés.
Mobilisation persistante des étudiants
Malgré certaines avancées, dont la reprise partielle des services universitaires, les étudiants continuent de réclamer le paiement intégral de leurs bourses et dénoncent ce qu’ils jugent des retards injustifiés. Leur mobilisation a parfois bloqué des activités socio-pédagogiques et entraîné la suspension des cours sur plusieurs parties du campus.
Réactions institutionnelles
Face à ce climat, les autorités universitaires ont, à certaines occasions, appelé au dialogue et tenté de maintenir la sécurité et la continuité des activités. Cependant, la présence réitérée des forces de l’ordre sur le campus illustre la gravité de la crise, qui reste non résolue malgré les efforts pour apaiser les tensions.
En résumé, l’Université Cheikh Anta Diop est aujourd’hui le théâtre d’une crise estudiantine profonde qui mêle revendications financières, affrontements physiques et mobilisation élargie, rendant le campus instable et perturbant les activités académiques.

