Sénégal : un enseignement supérieur encore loin des standards internationaux

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Dakar, 4 février 2026 – Contrairement aux idées reçues, le Sénégal ne souffre pas d’un excès d’étudiants dans l’enseignement supérieur. Avec seulement 286 169 inscrits dans le public et le privé, soit 1,59 % de la population, le pays est encore loin des seuils jugés nécessaires pour soutenir une économie émergente, a déclaré Pr Yankhoba Seydi, directeur de la recherche à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD).

Intervenant lors d’une conférence publique organisée par le think tank Wathi à l’UCAD, Pr Seydi a rappelé que selon la Banque mondiale, un pays aspirant au développement devrait compter au moins 2 % de sa population dans l’enseignement supérieur, un seuil que le Sénégal n’atteint pas encore. Les standards modernes, plus ambitieux, fixent même la barre à 50 % de la population.

« Nous avons très peu de bacheliers et nos établissements peinent à absorber le peu d’étudiants que nous avons », a souligné Pr Seydi. Il note également un déséquilibre majeur dans le ratio enseignant-étudiant, estimé entre 1 pour 80 et 1 pour 112, bien au-delà des normes de l’UNESCO. Malgré cela, certaines institutions restent des îlots où les standards internationaux sont respectés.

Pour répondre à ces défis, le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) élabore un Agenda de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Selon Dr Nouhou Diaby, conseiller technique du ministre, « il ne s’agit plus de colmater des lacunes, mais de transformer le système de fond en comble, de la formation à la recherche, en passant par la gouvernance et l’innovation ». L’objectif : faire de la recherche un outil au service des besoins nationaux, notamment en santé et en agriculture.

Un obstacle majeur demeure : le financement de la recherche. Aujourd’hui, la majorité des fonds provient de l’étranger, reléguant les chercheurs sénégalais au rôle « d’ouvriers de la recherche », incapables de développer des laboratoires aux standards internationaux. « Nous devons apprendre à financer nous-mêmes notre recherche », insiste Pr Seydi, soulignant que seule l’autonomie financière permettra au Sénégal de transformer son enseignement supérieur en levier réel de développement.


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