Réformes institutionnelles : le « big bang politique » annoncé autour de Diomaye
La une du journal L’Observateur évoque un possible tournant institutionnel majeur au Sénégal à travers plusieurs avant-projets de réformes constitutionnelles attribués au pouvoir en place. Présentées comme une refonte profonde de l’architecture politique, ces pistes de réforme pourraient modifier durablement l’équilibre entre les institutions.
Au centre de cette dynamique : le président Bassirou Diomaye Faye.
Fin du cumul entre présidence et direction de parti
Parmi les mesures les plus symboliques figure l’interdiction pour le chef de l’État de cumuler sa fonction avec celle de dirigeant d’un parti politique ou d’une coalition.
Une telle disposition viserait à consacrer une présidence plus neutre, au-dessus des formations partisanes, rompant avec une tradition politique ancienne.
Pour ses partisans, cette réforme renforcerait :
- l’impartialité de l’État ;
- la séparation entre institutions et partis ;
- la stature présidentielle.
Un Premier ministre renforcé
Autre changement majeur évoqué : la possibilité pour le Premier ministre de présider le Conseil des ministres dans certains cas.
Si elle se confirmait, cette évolution traduirait un partage plus affirmé du pouvoir exécutif entre la présidence et la primature, avec un rôle accru pour Ousmane Sonko.
Elle marquerait une rupture avec la forte centralisation traditionnelle autour du chef de l’État.
Refonte du système électoral
Le journal annonce également plusieurs pistes concernant les élections :
- caution obligatoire avant retrait des fiches de parrainage ;
- seuils minimaux de représentativité ;
- rationalisation des candidatures ;
- instauration du bulletin unique.
Ces mesures seraient destinées à limiter l’émiettement électoral et simplifier le vote.
Renforcement du Parlement
Selon cette même source, Assemblée nationale du Sénégal verrait son rôle de contrôle renforcé.
L’objectif affiché serait de rééquilibrer les rapports entre pouvoir exécutif et pouvoir législatif, dans une logique de démocratie plus parlementarisée.
Une nouvelle autorité électorale ?
Le projet mentionne aussi une restructuration des organes électoraux, avec une CENI qui deviendrait l’unique structure chargée de l’organisation des élections.
Une telle réforme supprimerait ou absorberait d’autres organes existants.
Entre modernisation et risque politique
Si ces réformes étaient réellement engagées, elles constitueraient l’un des plus grands chantiers institutionnels depuis plusieurs décennies.
Mais elles soulèveraient aussi plusieurs questions :
- consensus politique suffisant ?
- calendrier opportun ?
- garanties démocratiques ?
- stabilité institutionnelle ?
Un moment charnière
Le Sénégal pourrait entrer dans une nouvelle phase de son histoire institutionnelle. Reste à savoir si ce « big bang politique » sera mené dans le dialogue national ou dans la confrontation politique.

