SÉNÉGAL : IL N’EST PAS ENCORE TROP TARD, MAIS IL EST GRAND TEMPS

SÉNÉGAL : IL N’EST PAS ENCORE TROP TARD, MAIS IL EST GRAND TEMPS

« La politique est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire. » Aujourd’hui, ce qui est nécessaire pour le Sénégal, c’est le dialogue, la responsabilité et le retour au sens de l’État.

Nous avons transformé les divergences politiques en conflits de personnes, les désaccords en rancœurs et parfois en haine. Pourtant, comme le rappelait Nelson Mandela, « les hommes apprennent à haïr ; ils peuvent aussi apprendre à se réconcilier. »

Le plus inquiétant est ailleurs. Les contradictions qui traversent aujourd’hui une association politique sont progressivement transposées au sommet de l’État. Les rivalités internes prennent le pas sur les préoccupations des Sénégalais et la Constitution devient parfois l’arme des combats politiques du moment.

Or, la Constitution n’est pas une arme. Elle est le poumon de la République. Elle permet à la Nation de respirer, d’assurer l’équilibre des institutions et de préserver notre vivre-ensemble. Montesquieu nous avertissait déjà : « Il ne faut toucher aux lois que d’une main tremblante. »

La sortie de crise existe pourtant. Puisque les principaux acteurs appartiennent à la même famille politique, pourquoi ne pas régler démocratiquement leurs divergences au sein de leur organisation ? Pourquoi ne pas organiser des primaires transparentes ou accepter plusieurs candidatures en 2029, avec l’engagement de soutenir celui qui sera le mieux placé devant le peuple ? Ce serait plus sain que de déplacer les contradictions partisanes dans les institutions de la République.

Nos dirigeants doivent se souvenir qu’ils ne sont ni des messies ni des propriétaires de l’État. Ils sont des serviteurs du peuple liés par un mandat limité dans le temps. Le Sénégal leur survivra comme il a survécu à tous ceux qui l’ont dirigé.

Enfin, méfions-nous des laudateurs. Ceux qui encouragent la rupture, attisent les querelles et nourrissent les divisions ne servent ni leurs leaders ni la République. Ils ne servent que leurs propres intérêts.

Le Sénégal n’a pas besoin d’hommes providentiels. Il a besoin de femmes et d’hommes d’État capables de placer la Nation au-dessus de leurs ambitions.

Vivement le sursaut national avant qu’il ne soit réellement trop tard.

Thierno Lo

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