SANTÉ PUBLIQUE : Scandale Nestlé, mutisme des autorités et « sacralité » industrielle : l’inquiétant cocktail servi aux bébés sénégalais

Vastes rappels de lait infantile en raison de céréulide, une ...

Alors que l’euphorie de la CAN 2025 commence à s’estomper, un parfum de scandale plane sur les produits infantiles de la multinationale Nestlé. Entre rappels de produits à l’international pour toxicité et révélations sur des taux de sucre excessifs, le silence des autorités sénégalaises devient assourdissant. Entre protection des industriels et santé des nourrissons, le choix du gouvernement interroge.

Par Abdallah

L’alerte « Bacillus cereus » : Pourquoi le Sénégal reste-t-il muet ?

Le scénario est digne d’un film d’angoisse. En France, le décès d’un nourrisson a déclenché l’ouverture d’une enquête judiciaire. En cause : la présence de céréulide, une toxine produite par la bactérie Bacillus cereus.

La mesure de précaution a été mondiale : une soixante de pays ont vu des lots de produits Nestlé et Lactalis retirés des rayons. En Afrique, l’Afrique du Sud et la Namibie ont déjà réagi en retirant la marque NAN. Pourtant, au Sénégal, les produits NAN optipro 1 et 3, le Nido Croissance et le célèbre CERELAC trônent toujours dans les boutiques de quartier.

Double standard : Du sucre pour l’Afrique, du naturel pour l’Europe

Au-delà du risque bactérien, une autre réalité plus pernoise a été révélée par l’ONG suisse Public Eye en novembre dernier : le scandale du sucre ajouté.

  • Le constat : Les produits infantiles Nestlé vendus en Europe sont sans sucre ajouté.
  • Le traitement africain : Les mêmes produits vendus au Sénégal contiennent des quantités de sucre alarmantes (équivalentes à 90 morceaux par mois pour un bébé).

« C’est très dangereux », alerte Laurent Gaberell de Public Eye, pointant du doigt un risque accru d’obésité et de diabète précoce pour nos enfants.

L’énigme Serigne Guèye Diop : L’industrie avant la vie ?

Face à ces menaces, la posture du ministre du Commerce, Serigne Guèye Diop, suscite l’incompréhension. Déjà pointé du doigt pour sa gestion du dossier Softcare (matières premières suspectes), l’ancien directeur d’usine semble avoir choisi son camp : celui du « sacré » industriel.

« On ne peut pas vouloir attirer des industriels et, au moindre incident, chercher à fermer une usine. L’industrie est sacrée », a-t-il déclaré. Une phrase qui résonne comme un blanc-seing accordé aux multinationales. En contredisant l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP) sur l’utilisation de matières périmées, le ministre semble privilégier l’attractivité économique sur la sécurité sanitaire des Sénégalais.

Le Sénégal ne peut pas être le dépotoir de produits dont l’Occident ne veut plus, ni un laboratoire où l’on teste la résistance des bébés au sucre et aux bactéries. Quand un ministre affirme que « l’industrie est sacrée », il oublie que la mission première de l’État est de protéger ses citoyens les plus vulnérables. À force de vouloir rassurer les investisseurs, on finit par effrayer les mères de famille.

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