Pourquoi les mensonges dans l’agriculture sénégalaise persistent-ils ?
Par Thierno LO
Une production d’arachides surestimée
Depuis longtemps, je dénonce publiquement les incohérences liées aux chiffres de la production d’arachides au Sénégal. Le tonnage officiellement déclaré, dépassant un million de tonnes, est une pure fiction. Cette réalité m’a été confirmée par des techniciens agricoles. Lors des réunions de la coalition BBY, quand le président Macky Sall évoquait ces chiffres, plusieurs techniciens à mes côtés murmuraient que ces statistiques étaient totalement fausses. Aujourd’hui, cette affirmation a été appuyée par d’autres voix comme celle de Cissé Lo.
Cette manipulation des données est orchestrée par un lobby puissant, qui détourne les milliards destinés à soutenir l’agriculture. Ce système dysfonctionnel prive les vrais agriculteurs des semences et des engrais nécessaires. Pire encore, les intrants distribués sont de mauvaise qualité : les semences ne sont pas sélectionnées, et les sacs d’engrais contiennent parfois… du sable !
Un système verrouillé par des intérêts privés
Comment le ministre de l’Agriculture peut-il envisager de réformer ce secteur tout en s’entourant des mêmes acteurs qui maintiennent ce système opaque ? Ces groupes profitent des milliards débloqués, au détriment du développement réel du secteur. Pour préserver leurs intérêts, ils présentent des résultats fictifs au Président de la République, vantant des “succès agricoles” qui n’existent que sur le papier.
Pour avoir dénoncé ces pratiques, je me suis attiré de nombreux ennemis dans le secteur agricole. Mais je reste convaincu que l’agriculture est le moteur du développement de notre pays.
Des solutions pour une agriculture prospère
Pour redresser le secteur agricole, plusieurs mesures s’imposent :
1. Maîtriser les ressources en eau pour garantir une irrigation efficace.
2. Mettre à disposition des terres agricoles aux vrais producteurs.
3. Distribuer des semences et des intrants de qualité de manière transparente.
4. Encadrer les agriculteurs grâce à des techniciens compétents.
5. Diversifier les cultures pour créer des chaînes de valeur variées.
Quand l’agriculture fonctionne, elle stimule l’industrialisation, le commerce, les transports, l’assurance, et même les financements bancaires. C’est un cercle vertueux qui peut transformer l’économie sénégalaise.
Un appel à l’action
Il est temps de parler de ces problèmes et de briser ce cercle vicieux. Les intérêts privés ne doivent pas continuer à étouffer le développement agricole. L’avenir du Sénégal passe par une agriculture moderne, équitable et prospère.
De grâce, agissons maintenant.


