Fermeture des bases militaires françaises : Analyse et propositions pour une gestion intelligente
Par Thierno Lo

La question de la souveraineté nationale et de la dignité africaine est un sujet qui me tient à cœur. Je me suis toujours opposé à ces “Africains choisis” qui servent d’intermédiaires aux anciennes puissances coloniales, se soumettent aux volontés de l’Élysée et de Matignon, tout en cherchant à plaire aux autres puissances mondiales. La souveraineté est pour moi une question de fierté nationale.
Cependant, cette quête de souveraineté doit s’accompagner de réalisme et de lucidité. Dans un contexte mondial marqué par des rapports de force complexes, je tiens à inviter le Président Diomaye à adopter une approche réfléchie, loin du populisme et des décisions précipitées.
Une souveraineté adaptée à notre époque
Nous ne vivons plus à l’époque de Thomas Sankara, dont la révolution, bien que noble, s’est terminée tragiquement. Aujourd’hui, le Sénégal, malgré sa petite taille, dispose de ressources humaines et minières de qualité, d’une position géographique stratégique, et d’une histoire qui lui confèrent un rôle unique en Afrique. Ces atouts doivent être gérés avec intelligence pour éviter que le pays ne devienne vulnérable dans un monde marqué par la défense des intérêts nationaux.
Nous évoluons dans une région fragile, avec :
• Des voisins instables,
• Des frontières poreuses,
• Une menace djihadiste persistante.
Dans ce contexte, le retrait des bases militaires françaises ne doit pas être vu comme un rejet total de toute forme de collaboration. Il s’agit plutôt de redéfinir cette collaboration pour qu’elle respecte notre souveraineté nationale tout en répondant aux défis sécuritaires actuels.
Une gestion stratégique de nos ressources et alliances
La découverte récente de richesses minières de qualité au Sénégal attire l’attention de nombreuses puissances étrangères. Pour en tirer profit tout en préservant nos intérêts, il est essentiel d’adopter une stratégie prudente et réfléchie.
Je milite pour :
1. La récupération des espaces occupés par les militaires étrangers, tout en maintenant une coopération militaire redéfinie. Cette coopération doit établir des limites claires pour garantir que notre souveraineté ne soit pas compromise.
2. L’association des experts sénégalais (généraux, diplomates actifs et retraités) dans les décisions stratégiques. Ces professionnels disposent de l’expérience nécessaire pour naviguer dans ce contexte complexe.
3. L’équipement de nos forces armées, qui, bien qu’excellentes en formation et en représentation internationale, manquent encore de moyens matériels pour affronter les défis sécuritaires.
Prudence face au populisme et aux révoltes inutiles
Il est important de ne pas se laisser entraîner par les voix populistes qui prônent des solutions simplistes et des révoltes aveugles. Les “révolutions” mal préparées n’apportent que désillusions et chaos. Le rôle des dirigeants est de prendre des décisions mesurées, en tenant compte des réalités du terrain et des enjeux géopolitiques.
Une collaboration pour bâtir un avenir stable
Je lance un appel au Président Diomaye et au Premier ministre Ousmane Sonko : associez nos diplomates, nos généraux et nos experts à vos réflexions et décisions. Une gestion efficace et collective de ces questions sensibles permettra de renforcer notre souveraineté tout en protégeant nos intérêts nationaux.
Le défi est immense, mais avec intelligence et pragmatisme, nous pouvons faire du Sénégal un exemple de souveraineté et de prospérité en Afrique de l’Ouest.
Respect et engagement pour notre nation.


