Plan de relance économique au Sénégal : le Premier ministre doit respecter le cadre institutionnel

Plan de relance économique au Sénégal : le Premier ministre doit respecter le cadre institutionnel

Dakar, le 29 juillet 2025 –
Gouverner un pays ne s’improvise pas. À l’heure où le Sénégal fait face à une crise économique majeure, nous, anciens députés à l’Assemblée nationale, Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil, interpellons le Premier ministre : votre plan de relance économique doit impérativement être présenté devant l’Assemblée nationale, conformément à la Constitution.

Gouverner, c’est respecter les institutions

La Constitution sénégalaise n’est pas une simple formalité, elle constitue le fondement de notre démocratie. Toute initiative économique majeure, comme un plan de relance, doit passer par deux étapes essentielles : le Conseil des ministres puis un débat parlementaire à l’Assemblée nationale. Annoncer un plan à travers une conférence de presse ou sur les réseaux sociaux ne remplace pas les procédures prévues par la loi.

Un risque de gouvernance hors cadre légal

Aucun plan structurant n’a encore été débattu, voté ni validé selon les normes démocratiques. Contourner ces étapes, c’est choisir une gouvernance unilatérale et populiste, au détriment de la stabilité institutionnelle. Le Premier ministre n’a pas pour mandat de légiférer, exécuter et communiquer seul. Son rôle est de coordonner, en respectant les équilibres de pouvoir définis par la Constitution.

Où sont passés les fonds levés à l’international ?

Le gouvernement a levé plus de 1 700 milliards FCFA, dont 750 milliards via des Eurobonds et 984 milliards sur le marché de l’UEMOA. Pourtant, aucune information claire n’a été donnée sur l’utilisation de ces ressources. Ce manque de transparence financière est alarmant et va à l’encontre des principes de bonne gouvernance.

Une relance économique sans confiance est vouée à l’échec

Pour réussir une relance économique durable, il est impératif de restaurer la confiance :

  • Avec les partenaires techniques et financiers comme le FMI ;
  • Avec le secteur privé, aujourd’hui fragilisé ;
  • Avec la société civile, les juges, les magistrats et les partenaires sociaux.

Sans cette confiance mutuelle, aucune stratégie économique sérieuse ne peut aboutir.

L’Assemblée nationale : le cœur du débat démocratique

L’Assemblée nationale doit redevenir le lieu du débat d’orientation budgétaire, d’évaluation des politiques publiques et de validation des grandes orientations stratégiques. C’est par ce biais que le plan de relance économique peut acquérir la légitimité nécessaire pour inspirer la confiance des citoyens, des investisseurs et des institutions internationales.


Ce que nous demandons :

  • La présentation officielle du plan de relance économique devant l’Assemblée nationale ;
  • Le respect strict des procédures légales et constitutionnelles ;
  • Une gestion transparente des ressources levées sur les marchés financiers ;
  • Un véritable débat parlementaire avec vote, pour asseoir la légitimité démocratique du plan.

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