PÊCHE : 10 pirogues sénégalaises arraisonnées en Guinée-Bissau, une amende de 4 millions réclamée

La tension monte chez les pêcheurs de Cap-Skirring. Dix de leurs embarcations ont été interceptées ce mardi 20 janvier 2026 par les garde-côtes bissau-guinéens. Actuellement immobilisées au port de Cacheu, ces pirogues font l’objet d’une procédure administrative qui s’annonce coûteuse pour les acteurs locaux.
Par Abdallah
Cap-Skirring / Cacheu — Les eaux du nord de la Guinée-Bissau sont au cœur d’un nouveau contentieux halieutique. Bien que les pêcheurs sénégalais soient libres de leurs mouvements, leur outil de travail reste confisqué par les autorités de Bissau.
Les motifs de l’arraisonnement
L’interception a eu lieu dans les eaux territoriales de Cacheu, une zone stratégique proche de la frontière sénégalaise. Les garde-côtes invoquent deux infractions majeures à la législation locale :
- Défaut de licence : Les embarcations pêchaient sans les autorisations requises par les autorités bissau-guinéennes.
- Usage de matériel prohibé : L’utilisation de filets monofilaments (très néfastes pour la reproduction des espèces) est strictement interdite dans ces eaux.
Une liberté surveillée et un enjeu financier
Contrairement à d’autres incidents plus graves, aucun pêcheur n’a été placé en détention.
- Situation des équipages : Les hommes circulent librement dans la ville portuaire de Cacheu en attendant le règlement de l’affaire.
- La « facture » : Pour obtenir la mainlevée sur les pirogues, les autorités exigent le paiement de 400 000 FCFA par embarcation, soit une somme totale de 4 millions de FCFA.
Négociations en cours
Face à cette situation, la solidarité s’organise à Cap-Skirring :
- Mission de médiation : Des représentants des pêcheurs ont quitté le Sénégal mercredi pour se rendre à Cacheu.
- Objectif : Engager des pourparlers avec les autorités maritimes bissau-guinéennes pour tenter de réduire les amendes ou obtenir des facilités de paiement afin de reprendre l’activité au plus vite.

