FRAUDE : Réseau de faux documents démantelé à la mairie de Marsassoum, quatre arrestations

Un système de corruption sophistiqué au cœur de l’état civil de Marsassoum (Sédhiou) vient d’être balayé par les enquêteurs. De la responsable du service aux intermédiaires locaux, quatre individus ont été interpellés pour avoir transformé des registres officiels en usine à « vrais-faux » documents pour des étrangers.
Par Abdallah
Marsassoum / Sédhiou — L’affaire, révélée par L’Observateur ce vendredi 23 janvier 2026, met en lumière la vulnérabilité de nos registres d’état civil face à des réseaux organisés de trafic d’identité.
Le fil d’Ariane : Une arrestation à la DAF
Tout commence à Dakar en novembre 2025. Une ressortissante bissau-guinéenne, N.A. Mendes, se présente à la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF) pour obtenir une carte d’identité nationale.
- L’alerte : La vigilance des agents permet de détecter une anomalie sur son extrait de naissance.
- Les aveux : Acculée, elle livre les détails d’une filière qui remonte jusqu’à la région de Sédhiou.
Un mode opératoire ingénieux et lucratif
Au cœur du système se trouve M. Sylla, dite Ndioma Sylla, responsable de l’état civil de Marsassoum. Sa méthode était quasi-indécelable :
- Exploitation de vides : Elle utilisait d’anciens registres officiels comportant des pages vierges.
- Inscriptions frauduleuses : Elle y inscrivait de nouvelles identités, donnant ainsi au document final une apparence légale absolue (tampons, signatures et papier officiels).
- Tarification : Chaque faux extrait était vendu 30 000 FCFA.
Une « chaîne de valeur » bien rodée
Le réseau s’appuyait sur des intermédiaires aux profils variés pour rabattre les clients et blanchir l’argent :
- La fabrication : 15 000 FCFA pour la responsable du service.
- Le reste (15 000 FCFA) partagé entre : * Un Agent de Sécurité de Proximité (ASP) affecté aux Eaux et Forêts.
- Un comptable matière du lycée de Marsassoum (M. Sané).
- Un membre de la famille Mendes à Dakar.

