NGATHIE NAOUDÉ : 55 kilos de chanvre indien « minés » dans les champs salins
Les trafiquants ne manquent décidément pas d’imagination pour dissimuler leurs cargaisons illicites. À Ngathie Naoudé, localité située dans la région de Kaolack, les forces de l’ordre ont réalisé une saisie spectaculaire de 55 kilogrammes de chanvre indien. La drogue était soigneusement enterrée au cœur des champs de sel, une technique de camouflage inédite destinée à tromper la vigilance des patrouilles.
Une cachette au milieu de l’or blanc
C’est lors d’une opération de sécurisation ciblée que les éléments de la Brigade régionale des stupéfiants (relevant de l’OCRTIS) ont mis au jour ce véritable trésor de guerre. Profitant de l’immensité et de la topographie particulière des champs salins de Ngathie Naoudé, les trafiquants avaient littéralement « miné » le sol.
Les enquêteurs ont découvert :
- 55 kilogrammes de chanvre indien (variété dite « verte ») ;
- La drogue était répartie dans des sacs hermétiques, enfouis sous une couche de sel et de terre pour masquer l’odeur et la visibilité ;
- Un dispositif de marquage discret permettait aux « porteurs » de retrouver la marchandise pour une récupération nocturne.
Un point de passage stratégique
Ngathie Naoudé, de par sa position sur la route nationale et sa proximité avec les zones de production de sel, est devenu un point de transit prisé pour le trafic en provenance de la Casamance ou des pays limitrophes.
« L’utilisation des champs salins comme zone de stockage est une stratégie de repli. Ils pensaient que l’activité intense des récolteurs de sel servirait de couverture parfaite », confie une source sécuritaire proche du dossier.
L’enquête s’accélère
Si la marchandise a été placée sous scellés, les suspects ont réussi à prendre la fuite avant l’arrivée des limiers, profitant de la pénombre. Cependant, des indices matériels laissés sur place pourraient permettre d’identifier les propriétaires de cette cargaison.
Cette saisie intervient dans un contexte de lutte acharnée contre le trafic de stupéfiants dans le bassin arachidier, où les saisies se multiplient depuis le début de l’année 2026. Les autorités locales appellent les populations des zones salines à une collaboration étroite pour signaler tout mouvement suspect de véhicules ou d’individus à des heures indues.
Cette affaire démontre que la pression policière sur les axes routiers classiques pousse les trafiquants vers des milieux naturels hostiles ou atypiques. Le choix du sel n’est pas anodin : ses propriétés chimiques peuvent, selon certaines croyances de trafiquants, altérer le flair des chiens renifleurs. Une théorie qui n’a manifestement pas résisté au flair des enquêteurs sénégalais.

