Négociations avec le FMI : Alioune Tine préconise que le Premier ministre Ousmane Sonko prenne le leadership

Le débat sur la relation entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) prend une nouvelle tournure. Alioune Tine, figure emblématique de la société civile et fondateur d’Afrikajom Center, appelle à un changement de stratégie. Pour lui, le Premier ministre Ousmane Sonko doit personnellement diriger la délégation sénégalaise afin de mettre fin aux hésitations et de rassurer les marchés internationaux.
Éviter les « couacs » de communication
Pour Alioune Tine, la gestion actuelle des échanges avec l’institution de Bretton Woods souffre de flottements qui nuisent à l’image du pays. « Il est plus conséquent pour le PM Ousmane Sonko de diriger la délégation qui négocie avec le FMI et de retourner avec un résultat concret qui permet d’avancer concrètement », soutient-il.
L’objectif affiché est double : verrouiller la communication officielle pour « éviter les couacs » et ne plus laisser de place aux spéculations de l’opinion ou aux interprétations journalistiques qui pourraient brouiller le message du gouvernement.
L’enjeu vital de la crédibilité internationale
Le défenseur des droits humains souligne que ces imprécisions ne sont pas sans conséquences. Elles pèsent directement sur la crédibilité financière du Sénégal. À l’heure où le pays refuse toute restructuration de sa dette (estimée à 119% du PIB), la confiance des agences de notation est primordiale.
Alioune Tine rappelle que les appréciations de ces agences sont basées sur la clarté et la cohérence des autorités. Un leadership direct du Premier ministre enverrait un signal de détermination et de maîtrise des dossiers techniques, évitant ainsi des dégradations de note qui renchériraient le coût de l’emprunt pour le Sénégal.
Une présence en première ligne
Cette proposition suggère que, face à la complexité des enjeux économiques actuels, la réponse ne peut plus être uniquement technique (portée par le ministre des Finances), mais doit devenir hautement politique. En montant au créneau à Washington ou lors des revues à Dakar, Ousmane Sonko engagerait directement sa responsabilité et celle du régime, une posture jugée nécessaire par Alioune Tine pour obtenir un accord « concret » et pérenne.
Le gouvernement, qui a déjà exprimé ses critiques envers le rôle passé du FMI, suivra-t-il ce conseil de placer son chef d’orchestre en première ligne des négociations ? La question reste ouverte, mais l’alerte d’Afrikajom Center souligne l’urgence de stabiliser la parole économique de l’État.

