Levée d’immunité : Farba Ngom brandit le Coran et clame son innocence à l’Assemblée

L’ambiance était électrique ce lundi à l’Assemblée nationale du Sénégal. Devant un public venu massivement le soutenir et dans un hémicycle particulièrement animé, le député Mouhamadou Ngom, dit Farba, a livré une déclaration spectaculaire alors que les parlementaires délibéraient sur la levée de son immunité.
Un serment solennel devant les députés
Dans une mise en scène forte en symboles, l’élu a brandi un exemplaire du Livre Saint.
« Je vous montre un Coran complet et je suis musulman, que vous en soyez convaincus ou pas », a-t-il déclaré d’un ton grave.
Clamant son innocence dans l’affaire de détournement présumé de deniers publics, Farba Ngom a juré qu’en dehors de ses revenus officiels de maire, de député et de ses loyers déclarés, aucun centime du Trésor public ne lui aurait été versé. Il a conclu son intervention par une formule solennelle :
« Si c’est le cas, que ce livre saint me brûle en enfer. »
Une déclaration qui a suscité des réactions contrastées dans l’hémicycle, certains saluant la force de son engagement, d’autres rappelant que le débat devait rester strictement juridique.
Accusations de « persécution politique »
Au-delà du geste religieux, le parlementaire a dénoncé ce qu’il considère comme une cabale politique.
« Ce régime veut bouffer du Farba. On m’accuse de tout, de détournement de plusieurs milliards et des traques à n’en plus finir », s’est-il indigné.
Il a également évoqué les perquisitions menées dans le cadre du dossier lié à Jérôme Bandiaky, affirmant que ses champs, ses véhicules et ses domiciles ont été fouillés « à la recherche d’argent et d’armes », sans résultat compromettant selon lui.
Un traitement judiciaire contesté
Farba Ngom a par ailleurs dénoncé un traitement qu’il juge différencié. Il a rappelé avoir été auditionné en même temps que Tahirou Sarr, soulignant que ce dernier aurait été libéré alors que le ministère public aurait choisi d’interjeter appel le concernant.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions politiques, alors que la question de la levée de son immunité parlementaire divise la classe politique.
Entre symbole et procédure
Si le serment religieux a marqué les esprits, la décision des députés repose avant tout sur l’appréciation juridique des faits et sur le principe d’égalité devant la loi.
La séance de ce lundi restera, quoi qu’il en soit, comme l’un des moments les plus intenses de cette législature, révélant à la fois la dimension politique, judiciaire et symbolique de cette affaire.

