Le gouvernement burkinabè durcit le contrôle des départs des étudiants vers l’étranger. Réuni en Conseil des ministres jeudi, l’exécutif a adopté un décret qui rend désormais obligatoire l’obtention d’une autorisation préalable du ministère en charge de l’Enseignement supérieur pour tout étudiant souhaitant poursuivre des études hors du Burkina Faso, qu’il bénéficie d’une bourse ou qu’il finance lui-même sa formation.

Selon le ministre de l’Enseignement supérieur, Adjima Thiombiano, cette mesure vise à permettre à l’État d’assurer un meilleur suivi des formations suivies à l’étranger, en adéquation avec les orientations actuelles du gouvernement. Elle entend également prévenir les difficultés d’insertion auxquelles sont confrontés certains diplômés à leur retour et faciliter leur intégration sur le marché de l’emploi.
Cette décision s’inscrit dans la politique souverainiste engagée par les autorités de transition dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2022. Elle intervient dans un contexte où plusieurs milliers d’étudiants burkinabè poursuivent leurs études à l’étranger, notamment en France, qui accueillait environ 2 500 étudiants burkinabè en 2022 selon Campus France.
Les mobilités étudiantes avaient déjà été perturbées en 2023 par la suspension de la délivrance des visas français au Burkina Faso, ainsi qu’au Mali et au Niger, sur fond de dégradation des relations entre Paris et les trois pays dirigés par des régimes militaires.
Par ailleurs, les autorités ont récemment renforcé leur politique d’encadrement de la jeunesse. Depuis mai 2025, une immersion patriotique d’un mois est obligatoire pour les élèves admis au baccalauréat. Présentée comme un moyen de former des citoyens engagés et prêts à défendre leur pays, cette formation conditionne désormais l’inscription dans les universités burkinabè.

