Justice : Le « Marabout de la CAN » aux arrêts à Bamako pour une escroquerie de 22 millions de FCFA

La ferveur de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 a laissé place à une affaire judiciaire retentissante au Mali. Karamoko Sinayogo, célèbre influenceur-marabout, a été interpellé par la brigade de lutte contre la cybercriminalité après avoir promis une victoire finale aux Aigles en échange de fortes sommes d’argent.
Une promesse de sacre à prix d’or
Surnommé le « marabout des réseaux sociaux », Karamoko Sinayogo avait bâti une stratégie de collecte de fonds audacieuse. En surfant sur le patriotisme des supporters maliens, il assurait pouvoir garantir mystiquement le trophée continental au Mali. Pour ce faire, il appelait à des contributions financières massives. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme aurait réussi à collecter plus de 22 millions de francs CFA (environ 33 500 euros) auprès de fans crédules.
Le but libérateur du Sénégal brise le sortilège
Le château de cartes s’est effondré lors des quarts de finale de la compétition. L’élimination du Mali face au Sénégal (0-1) a agi comme un déclencheur pour les victimes. Réalisant l’inefficacité des « travaux » promis, des dizaines de supporters en colère se sont rendus au domicile de M. Sinayogo à Bamako. L’intervention des forces de l’ordre a été nécessaire pour éviter un lynchage public, menant ainsi à son interpellation.
[Image d’un périmètre de sécurité devant une résidence privée à Bamako avec des véhicules de police et une foule de manifestants]
De l’activisme politique au charlatanisme
Le parcours du suspect interroge. Selon des proches, Karamoko Sinayogo était initialement connu comme un activiste politique avant d’opérer une reconversion lucrative dans le mysticisme sur internet. Cette nouvelle carrière s’est arrêtée net le 10 janvier, date à laquelle deux de ses collaborateurs vidéastes ont confirmé son arrestation.
Les autorités maliennes ont précisé avoir attendu la fin du parcours des Aigles pour agir, afin de ne pas perturber la cohésion nationale durant le tournoi.
Vers une condamnation exemplaire ?
Actuellement détenu à la brigade de lutte contre la cybercriminalité, M. Sinayogo fait face à de lourds chefs d’inculpation. Au Mali, le charlatanisme est un délit sévèrement puni par le code pénal. En plus de l’escroquerie, l’utilisation des réseaux sociaux pour diffuser de fausses promesses aggrave son cas.
Cette affaire relance le débat sur l’influence des « marabouts 2.0 » et la vulnérabilité des supporters face à l’exploitation de leurs émotions sportives.

