JUSTICE : Farba Ngom, vers une seconde levée d’immunité parlementaire ?

Le bureau de l’Assemblée nationale est convoqué ce lundi 2 février 2026. Si l’ordre du jour officiel reste flou, le spectre d’une nouvelle procédure de levée de l’immunité parlementaire plane sur le député Farba Ngom. Déjà sous mandat de dépôt, le maire des Agnam pourrait voir son horizon judiciaire s’assombrir davantage.
Un bureau convoqué dans le mystère
L’hémicycle de la place Soweto est en ébullition ce lundi. Selon des informations relayées par le journal Les Échos et confirmées par plusieurs sources parlementaires, les membres du bureau ont reçu une convocation dont l’ordre du jour n’a pas été explicitement détaillé. Toutefois, dans les couloirs de l’Assemblée, un nom revient avec insistance : Farba Ngom.
La réunion de ce jour, qui devrait être suivie d’une conférence des présidents, viserait à enclencher la procédure permettant à la justice d’actionner de nouvelles poursuites contre le tonitruant député de l’opposition (APR).
L’affaire des téléphones portables : Le délit de trop ?
Déjà incarcéré pour une affaire complexe de blanchiment de capitaux et de transactions douteuses portant sur des deniers publics (estimées par le Pool Judiciaire Financier à plus de 125 milliards FCFA), Farba Ngom est aujourd’hui rattrapé par son quotidien carcéral.
L’objet de cette nouvelle demande de levée d’immunité porterait sur la découverte de téléphones portables dans sa cellule. Cette situation soulève des questions de sécurité et de complicité interne au sein de l’administration pénitentiaire, mais nécessite juridiquement une autorisation de l’Assemblée pour que le député puisse être entendu et éventuellement poursuivi pour ce nouveau délit.
Une immunité déjà fragilisée
Ce n’est pas une première pour le « lieutenant de Macky Sall ». En janvier 2025, son immunité avait déjà été levée à la suite d’un rapport de la CENTIF, ouvrant la voie à son placement sous mandat de dépôt malgré les recours déposés par ses avocats.
Un climat politique sous haute tension
Pour ses partisans, cette nouvelle offensive judiciaire s’apparente à un « acharnement » visant à briser moralement une figure de proue de l’ancien régime. À l’inverse, pour les autorités actuelles, il s’agit d’une application stricte de la loi : nul n’est au-dessus des règlements, même derrière les barreaux.
La décision du bureau ce lundi sera déterminante. Si la procédure est enclenchée, une commission ad hoc devra être constituée avant qu’un vote en séance plénière ne vienne, pour la deuxième fois en un an, dépouiller Farba Ngom de son « armure » parlementaire.

