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IN MEMORIAM : Maître Lamine Kane, le Bâtisseur d’Âmes de Mbour -

IN MEMORIAM : Maître Lamine Kane, le Bâtisseur d’Âmes de Mbour

Le 10 décembre 2025, le Sénégal a perdu plus qu’un inspecteur de l’enseignement ; il a perdu un « façonneur d’humanité ». Maître Lamine Kane s’est éteint, laissant derrière lui un héritage qui dépasse les salles de classe pour s’ancrer dans le cœur de générations entières de citoyens.

Un destin voué à l’humain

Le parcours de Maître Kane est celui d’une exigence jamais démentie. Jusqu’à son dernier souffle, il a dirigé son école avec une obsession : la qualité pour tous.

  • L’éducateur : Directeur d’école franco-arabe et inspecteur, il ne transmettait pas seulement des lettres et des chiffres, mais une « adhésion charnelle » au savoir.
  • Le mentor : En vous confiant sa classe dès 1987, il illustrait cette pédagogie de la confiance qui transforme un élève en homme responsable.
  • Le bâtisseur : Il a offert aux plus démunis des infrastructures modernes, prouvant que la dignité n’a pas de prix mais nécessite un engagement total.

L’homme de la cité et du terrain

Mbour n’oubliera pas celui qui a dirigé ses deux géants, le Stade de Mbour et Mbour Petite Côte. Pour lui, le sport était le prolongement de l’école : une école de la discipline et du dépassement de soi.

  • Un enracinement pluriel : Hal Pulaar, Walo-Walo, mais adopté par les Lébous de Mbour, il incarnait ce Sénégal du dialogue cher à Senghor.
  • L’intégrité : Son combat pour la préservation du foncier à Mbour témoigne d’un homme qui refusait de voir le bien commun sacrifié sur l’autel des intérêts privés.

Un héritage spirituel et républicain

La rencontre avec Léopold Sédar Senghor en 1980 et ce « cousinage à plaisanterie » en Pulaar ont scellé sa vision d’un Sénégal uni. Derrière le survêtement de l’entraîneur se cachait un soufi discret, dont la sérénité semblait héritée des matins calmes dans la concession familiale, sous le regard d’un père tourné vers l’Orient.

Un homme qui a renoncé à ses rêves de carrière militaire par principe (après une grève au Prytanée), pour finir par former des générations de cadres et même un Général, mérite effectivement que la nation se souvienne. La foule immense du 11 décembre 2025 à Mbour a déjà rendu son verdict : celui du cœur.

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