Faits divers : Entre lynchage évité à Ouest-Foire et réseau démantelé à Touba, la traque des « actes contre nature » s’intensifie

Le Sénégal est secoué par deux affaires distinctes mais liées par la même thématique : la pratique d’actes contre nature. Si à Dakar, un homme a échappé de peu à la mort après la découverte de sous-vêtements féminins, à Touba, c’est un véritable réseau de propagation du VIH qui a été mis hors d’état de nuire par la Gendarmerie.

Dakar / Touba, le 14 février 2026 – La tension est montée d’un cran cette semaine sur le front des mœurs. Entre la justice expéditive des rues de la capitale et l’efficacité chirurgicale des enquêteurs de la Ville Sainte, les autorités multiplient les appels au calme et au respect des procédures légales.

Ouest-Foire : Le « bin-bin » qui a failli coûter une vie

À Ouest-Foire, un quartier de Dakar, un homme a frôlé le pire. Soupçonné d’homosexualité, il a été pris à partie par une foule en colère. Ce qui a mis le feu aux poudres ? Le suspect portait des « bin-bin » (perles de hanche traditionnellement féminines), un accessoire jugé « accablant » par ses poursuivants.

Sauvé in extremis d’un lynchage grâce à l’intervention des forces de sécurité, l’homme a vu sa situation s’aggraver lors de l’examen de son téléphone portable. Les enquêteurs y auraient découvert des contenus compromettants confirmant ses orientations et ses activités, le plaçant désormais sous le coup de la loi pour actes contre nature.

Touba : Les dessous de l’opération de la Brigade de Recherches

Pendant ce temps, à Touba, la Brigade de Recherches (BR) a bouclé une enquête complexe. Le quotidien Libération révèle comment les hommes du Général Martin Faye ont neutralisé un individu de 36 ans, porteur du virus du VIH/Sida, qui utilisait sa position pour entretenir un réseau actif entre la cité religieuse et Mbacké.

L’enquête a permis d’établir que ce dernier faisait consciemment circuler le virus parmi ses partenaires. Grâce à une stratégie d’infiltration et de filature, la BR a procédé à des interpellations en cascade :

• Le cerveau du réseau (A.D.), déjà connu des services de la police religieuse ;

• Quatre partenaires réguliers, dont un menuisier et un commerçant, arrêtés à Mbacké ;

• Saisie de preuves matérielles (lubrifiants, préservatifs) et numériques.

La loi comme seul rempart contre l’anarchie

Ces événements surviennent alors que l’Assemblée nationale examine une proposition de loi visant à renforcer la « sécurité juridique et institutionnelle » du pays. Le texte porté par le député Papa Tahirou Sarr rappelle avec fermeté que « l’autorité de l’État ne saurait être mise en commerce » et que seule la loi doit s’appliquer pour éviter le chaos de la justice privée.

Les suspects de Touba et de Dakar font face à des chefs d’inculpation lourds : actes contre nature, association de malfaiteurs et mise en danger de la vie d’autrui. Pour le cas de Touba, le volet sanitaire reste une priorité, avec des tests de dépistage ordonnés pour l’ensemble des personnes impliquées.