Réintégration de Sonko à l’Assemblée : Diomaye Faye saisit discrètement le Conseil constitutionnel
La bataille politique autour du retour de Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale prend une nouvelle tournure. Selon des révélations du journal Les Échos, le président Bassirou Diomaye Faye aurait discrètement saisi le Conseil constitutionnel afin d’obtenir un avis sur la légalité de la procédure engagée par les députés de PASTEF.
D’après le quotidien, le chef de l’État, bien que silencieux publiquement depuis le limogeage de son ancien Premier ministre, « suit tout ce qui se passe » et n’aurait pas voulu laisser évoluer la situation sans consultation juridique préalable.
Une séance plénière sous haute tension
Cette initiative présidentielle intervient alors qu’une séance plénière décisive est convoquée ce mardi à l’Assemblée nationale pour examiner la réintégration d’Ousmane Sonko dans ses fonctions de député ainsi que son élection annoncée à la présidence de l’institution parlementaire.
Selon Les Échos, Bassirou Diomaye Faye aurait demandé aux « sept sages » du Conseil constitutionnel de se prononcer rapidement sur la conformité juridique de cette démarche entreprise par les députés de la majorité.
Le journal souligne d’ailleurs que même si la date exacte de la réunion du Conseil constitutionnel n’est pas connue, « les gens auront besoin de cet avis avant 9h ce matin », heure prévue pour l’ouverture de la séance parlementaire.
Une démission qui accélère la crise
Cette nouvelle séquence politique fait suite à la démission surprise d’El Malick Ndiaye, intervenue dimanche, soit seulement deux jours après le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature.
Ce départ a ouvert la voie à une recomposition rapide du perchoir, avec la désignation officielle de Sonko comme candidat du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes à la présidence de l’Assemblée nationale.
Un bras de fer institutionnel en vue
La saisine du Conseil constitutionnel montre que la crise politique née de la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko dépasse désormais le simple cadre partisan pour devenir un véritable enjeu institutionnel.
Pour plusieurs observateurs, le chef de l’État chercherait à éviter qu’une majorité parlementaire restée fidèle à Sonko ne transforme l’Assemblée nationale en contre-pouvoir direct face à l’exécutif.
L’avis du Conseil constitutionnel pourrait ainsi jouer un rôle central dans les prochaines heures et déterminer si le retour politique spectaculaire de l’ancien Premier ministre peut se faire sans obstacle juridique.

