ÉCONOMIE : 4 hommes contre 750 millions : Le rapport vertigineux d’Oxfam sur les inégalités en Afrique

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Le chiffre est presque irréel. Selon un rapport d’Oxfam International publié en juillet 2025, la fortune cumulée des quatre plus grands milliardaires du continent africain surpasse désormais les richesses de 750 millions de leurs concitoyens. Une concentration de richesses sans précédent qui relance le débat sur l’urgence d’une réforme fiscale continentale.

Par Abdallah

Un quatuor plus riche que des nations entières

Ils sont Nigérian, Sud-Africains ou Égyptien. Leurs noms sont synonymes d’empires industriels et financiers. Ensemble, Aliko Dangote, Johann Rupert, Nicky Oppenheimer et Nassef Sawiris pèsent environ 57,4 milliards de dollars.

À eux seuls, ces quatre hommes détiennent plus de la moitié de la richesse disponible sur l’ensemble du continent. Un déséquilibre structurel qui signifie que la croissance africaine, bien que réelle, reste captée par une infime élite au détriment de la vaste majorité de la population.

Les causes d’une fracture abyssale

Pour Oxfam, ce « hallucinant » fossé n’est pas le fruit du hasard, mais d’un système conçu pour les ultra-riches. Le rapport pointe du doigt plusieurs leviers :

  • Fiscalité de complaisance : Des systèmes d’imposition souvent plus favorables aux capitaux qu’au travail.
  • Exonérations massives : Des cadeaux fiscaux accordés aux grandes entreprises pour attirer l’investissement, mais qui assèchent les recettes publiques.
  • Privatisations stratégiques : L’accès exclusif à des secteurs clés (mines, énergie, télécoms) qui permet une accumulation rapide de capital.

L’appel à l’impôt sur la fortune

Face à ce constat, l’ONG ne se contente pas de dénoncer. Elle exhorte les gouvernements africains à opérer un virage à 180 degrés :

« Il est urgent de mettre en place une fiscalité plus juste pour financer l’accès à la santé, à l’éducation et à l’eau potable », plaide l’organisation.

L’objectif est clair : redistribuer une partie de cette manne pour sortir des millions d’Africains de la précarité extrême et renforcer les services publics essentiels.

Ce rapport d’Oxfam tombe au moment où de nombreux pays africains, comme le Sénégal, entament des réformes pour une meilleure justice sociale. La question n’est pas de diaboliser la réussite entrepreneuriale, mais d’interroger un modèle où la richesse ne « ruisselle » pas. Si 57 milliards de dollars sont concentrés dans quatre mains alors que l’accès à l’eau potable reste un défi pour 40 % du continent, c’est la stabilité même de nos sociétés qui est en jeu.

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