DISPARITION : Le Sénégal pleure Christian Valantin, dernier géant de l’ère senghorienne

Une page de l’histoire institutionnelle et diplomatique du Sénégal s’est tournée ce jeudi 22 janvier 2026. Christian Valantin, grand serviteur de l’État, s’est éteint à Paris à l’âge de 96 ans. Compagnon de route de Léopold Sédar Senghor et pilier de la Francophonie, il laisse derrière lui l’héritage d’un homme de droit et de devoir.
Par Abdallah
Saint-Louis / Paris — Né en 1929 dans l’élégante ville de Saint-Louis, Christian Valantin était le fils de Marc et Madeleine Guillabert. Pur produit de l’excellence saint-louisienne, il a forgé son esprit au Lycée Faidherbe avant de parfaire son parcours juridique par une licence en droit en 1954.
Au cœur du pouvoir : L’ombre de Senghor
Dès l’indépendance, il devient l’un des rouages essentiels de la construction nationale :
- Chef de cabinet (1959-1960) : Il assiste Senghor durant l’éphémère aventure de la Fédération du Mali.
- Gouverneur de Thiès (1961-1962) : Il fut l’un des premiers administrateurs territoriaux du Sénégal indépendant.
- Directeur de cabinet (1966-1968) : Il fut l’un des collaborateurs les plus proches du Président-Poète durant une période charnière de consolidation de la République.
Un record de longévité parlementaire
Christian Valantin restera dans les annales comme l’une des figures les plus stables du pouvoir législatif. Député sans interruption de 1968 à 2000, il a marqué l’hémicycle par sa maîtrise des textes et sa rigueur, occupant le poste prestigieux de Premier vice-président de l’Assemblée Nationale de 1993 à 2000.
Le « Monsieur Francophonie » du Sénégal
Son rayonnement a largement dépassé les frontières nationales. Éminent diplomate, il fut :
- Le représentant personnel du Chef de l’État au Conseil Permanent de la Francophonie pendant 14 ans (1986-2000).
- Le conseiller personnel du Secrétaire général de l’OIF en 2007.

