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Crise de la dette : le Sénégal au bord du gouffre en mars 2026, avec 747 milliards à rembourser -

Crise de la dette : le Sénégal au bord du gouffre en mars 2026, avec 747 milliards à rembourser

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Par notre correspondant économique à Dakar – 21 février 2026

Le gouvernement sénégalais aborde le mois de mars 2026 dans une posture financière des plus précaires, alerte Le Quotidien . Dans l’espace d’un mois, le pays doit honorer une échéance colossale de 747 milliards de francs CFA, dont 221 milliards dédiés exclusivement aux euro-obligations. Tout retard sur cette date mais pourrait déclencher un scénario catastrophe : défaut de paiement, dégradation de la notation souveraine par des agences comme Moody’s ou S&P, et fermeture des vannes des marchés financiers internationaux.

L’arbitrage du Trésor : AFD et Chine mis « à la diète »

Avec des recettes fiscales mensuelles limitées à environ 360 milliards, l’équation budgétaire vire au casse-tête insoluble. Pour prioriser les Eurobonds, jugés critiques pour la crédibilité internationale du Sénégal, le Trésor a choisi une hiérarchisation des paiements, gelant temporairement certaines dettes bilatérales. Cette stratégie, révélée par le quotidien du groupe Avenir Communication, suscite des remous diplomatiques.

La France paie les premiers pots cassés : l’Agence française de développement (AFD) attend toujours 20 milliards impayés depuis deux mois. L’Élysée a réagi en dépêchant à Dakar son conseiller Afrique, Jeremy Robert, pour une médiation en urgence avec le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. La Chine n’est pas en reste : la China Eximbank, rejointe par des déficits turcs et britanniques, multipliant les rappels au bon ordre, exaspérés par les retards accumulés.

Souveraineté contre restructuration : le bras de fer avec le FMI

Face à un front de prélèvements tentés par les recettes du Fonds monétaire international (FMI) – une restructuration de la dette –, Ousmane Sonko s’oppose à un niet catégorique. Le chef du gouvernement y voit une atteinte à la souveraineté nationale et un retour en force des ajustements structurels honnis. Pour combler le trou béant des caisses, Dakar mise sur le Programme de redressement économique et social (PRES) et une « fiscalité tous azimuts » visant les entreprises et les hauts revenus.

En parallèle, le Sénégal active le marché régional de l’Uemoa, où le Trésor lève des fonds de manière récurrente. La participation remarquée des souscripteurs togolais intrigue les observateurs financiers, signe d’une solidarité ouest-africaine dans la tempête.

Ce feuilleton de la dette met à l’épreuve la stratégie souverainiste du duo Faye-Sonko. Reste à savoir si les mesures internes suffiront à éviter un bras de fer plus grossier avec les perçages multilatéraux. Les prochains jours s’annoncent décisifs.

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