Affaire Keur Yeurmandé : Ndella Madior Diouf maintenue en cellule, le procès renvoyé au 10 février

La Chambre criminelle de Dakar a examiné ce mardi le dossier de la pouponnière « Keur Yeurmandé ». Malgré une plaidoirie centrée sur des raisons humanitaires et une demande de bracelet électronique, Ndella Madior Diouf a vu sa demande de liberté provisoire rejetée. Le tribunal a fixé la prochaine audience au 10 février 2026.

Une défense axée sur l’humanitaire

Lors de l’audience, Me Aboubacry Barro, avocat de Ndella Madior Diouf, a tenté de fléchir la cour en évoquant la détresse personnelle de sa cliente. Rappelant la perte de son père durant sa détention (placée sous mandat de dépôt en décembre 2023), la défense a soutenu que sa cliente avait agi par altruisme pour sauver des nouveau-nés de l’infanticide. Pour garantir sa représentation en justice, la défense a même proposé la pose d’un bracelet électronique.

La fermeté du Parquet

Ces arguments n’ont pas convaincu le procureur. Ce dernier a opposé un refus catégorique, justifié par trois points majeurs :

  1. La gravité des faits : Les dix chefs d’accusation, dont l’homicide involontaire et la traite de personnes, sont jugés trop sérieux.
  2. Le trouble à l’ordre public : L’émotion suscitée par l’affaire reste vive au sein de l’opinion.
  3. Le risque de collusion : La nécessité d’éviter que les accusés n’influencent les témoins avant le procès de fond.

Un dossier aux ramifications multiples

Pour rappel, Ndella Madior Diouf n’est pas seule dans le box. Si elle et son assistant Cheikh Tidiane Ndiaye sont toujours en détention, seize autres coaccusés comparaissent sous contrôle judiciaire. Le renvoi au 10 février vise précisément à organiser la citation de toutes les parties : témoins, parties civiles et l’ensemble des prévenus.

Les charges retenues sont accablantes : traite de personnes, exercice illégal de la médecine, privation de soins ayant entraîné la mort, et mise en danger de la vie d’autrui. Le rendez-vous du mois de février s’annonce donc comme le début d’un marathon judiciaire crucial pour faire la lumière sur le sort des enfants de la pouponnière.

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