Journée internationale des droits des femmes 2026 : la CEDEAO place la justice climatique au cœur de l’égalité de genre

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes 2026, célébrée autour du thème mondial « Droits, Justice et Action pour toutes les femmes et les filles », la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a orienté le débat régional vers un enjeu stratégique : la justice climatique au féminin.
Le sous-thème retenu — « Faire progresser les droits, la justice et l’action pour toutes les femmes et filles dans le contexte du changement climatique et des transitions écologiques en Afrique de l’Ouest » — a donné le ton d’une cérémonie marquée par des engagements politiques et institutionnels forts.
Une transition écologique pour corriger les inégalités
Au cœur de la célébration, l’intervention de Fatou Sarr Sow, Commissaire en charge du Développement humain et des Affaires sociales de la CEDEAO, a dressé un constat sans détour. Malgré les progrès réalisés en matière d’égalité, les femmes et les jeunes continuent de faire face à des obstacles juridiques, économiques et sociaux persistants.
Dans une région particulièrement exposée aux effets du changement climatique, les catastrophes naturelles, la dégradation des terres et les déplacements forcés touchent de manière disproportionnée les femmes.
Pourtant, la Commissaire rappelle qu’elles jouent un rôle central dans les mécanismes de résilience, notamment dans la gestion des ressources naturelles, l’adaptation agricole et la cohésion communautaire.
« Les lois, les politiques et les cadres stratégiques nationaux continuent de ne pas intégrer de manière systémique les besoins spécifiques des femmes et des filles », a-t-elle souligné.
Elle plaide ainsi pour une transformation profonde des politiques climatiques, incluant un accès équitable à la terre, aux technologies et aux financements verts. « Il ne peut y avoir de transition écologique réussie sans justice de genre », a-t-elle insisté.
Des programmes structurants en cours
L’intervention de Fatou Sarr Sow a également permis de mettre en lumière plusieurs initiatives régionales menées par la CEDEAO, en partenariat avec ONU Femmes.
Parmi les avancées notables figurent notamment :
- l’adoption de la Stratégie Genre 2020–2030 pour la Réduction des Risques de Catastrophe ;
- une Feuille de route régionale sur les Femmes et le Changement climatique ;
- et le lancement en 2025 d’une Communauté de pratique ouest-africaine sur le Genre et l’Économie verte.
La Commissaire a également salué certaines initiatives nationales, notamment l’allocation de 30 % du fonds d’appui au développement local en faveur de l’autonomisation des femmes dans les zones affectées par les industries extractives. Une mesure portée par le ministre sénégalais de l’Énergie, des Mines et du Pétrole, Birame Souleye Diop.
Un engagement institutionnel réaffirmé
Prenant la parole au nom du président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, la représentante résidente de l’institution au Sénégal, Zelma Yolande Nobre Fassinou, a réaffirmé la volonté de l’organisation de bâtir des initiatives durables et inclusives.
L’événement, organisé par le Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre (CCDG), a rassemblé ministères, organisations féminines et jeunes activistes de la région.
Au-delà de la symbolique, cette célébration a porté un message politique clair : la transition écologique en Afrique de l’Ouest ne pourra être réellement transformative que si la justice de genre en constitue un pilier central.

