Affaire ANAMO : La cité Lamy se mobilise pour réclamer la libération de Maodo Malick Mbaye

THIÈS — Ce dimanche 8 mars 2026, le quartier de la cité Lamy a vibré au rythme des slogans de soutien à Maodo Malick Mbaye. Huit mois après son placement sous mandat de dépôt pour un détournement présumé de 600 millions F CFA, les proches et voisins de l’ancien Directeur Général dénoncent une « détention injuste » et pointent du doigt des zones d’ombre procédurales.
Par la Rédaction (Justice & Régions)
Pour les partisans de celui qu’ils surnomment « 3M », le dossier judiciaire est vide de preuves matérielles et souffre d’un manque de transparence flagrant.
Une procédure jugée « inédite » et contestée
Les manifestants ont articulé leur colère autour de plusieurs arguments remettant en cause la base même de l’accusation :
Selon les résidents, aucun organe de contrôle de l’État (IGE, Cour des Comptes, etc.) n’a formellement mis en cause la gestion de Maodo Malick Mbaye. La plainte reposerait sur un audit commandité par son successeur auprès d’un cabinet privé, une démarche que les manifestants jugent suspecte et non contradictoire. Ils déplorent que l’ancien DG, revenu du Maroc pour répondre à la justice, n’ait toujours pas été entendu sur le fond du dossier depuis juillet 2025.
Une alerte rouge sur l’état de santé
L’aspect humanitaire a occupé une place centrale dans les revendications du jour. Les manifestants rappellent que le maintien en détention de Maodo Malick Mbaye va à l’encontre des recommandations médicales :
Une expertise aurait conclu que sa santé ne permet pas la détention. Le médecin-chef de l’administration pénitentiaire aurait lui-même indiqué qu’aucune cellule au Sénégal ne permet une prise en charge adéquate pour sa pathologie.
La thèse du « règlement de comptes » politique
Au-delà de l’aspect technique, la cité Lamy voit dans cette affaire un prolongement des tensions politiques passées. Les protestataires ont évoqué un lien indirect entre les déboires judiciaires de Maodo Malick Mbaye et le rôle de son neveu, Sidy Ahmed Mbaye, dans l’affaire Adji Sarr contre Ousmane Sonko. Pour eux, l’ancien DG de l’ANAMO serait la victime collatérale d’une volonté de « purification » institutionnelle.
La mobilisation de ce dimanche à Thiès sonne comme un avertissement aux autorités judiciaires. En appelant à la « clarté » et au « respect des droits », les habitants de la cité Lamy demandent que Maodo Malick Mbaye puisse au moins bénéficier d’une liberté provisoire pour se soigner, en attendant un procès qui tarderait à s’organiser. Cette affaire reste un test important pour l’indépendance de la justice dans la gestion des dossiers liés aux anciennes directions nationales.

