UCAD : une réouverture sous tension et sous conditions

Le Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) a annoncé la réouverture progressive du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) à partir de ce jeudi 26 février 2026. Une décision qui, en apparence, sonne comme un retour à la normale après plusieurs semaines de perturbations. Mais derrière cette annonce, les interrogations demeurent nombreuses.
Une accalmie fragile
La libération des étudiants arrêtés – certains sans conditions, d’autres placés sous contrôle judiciaire – a été perçue comme un signal d’apaisement. Dans la même dynamique, les autorités semblent estimer que la tension est retombée au point de permettre la reprise des activités sur le campus social.
Pourtant, beaucoup redoutent que cette accalmie ne soit que temporaire. La question centrale reste celle du climat dans lequel les étudiants feront leur retour. Les discussions nécessaires ont-elles été menées ? Un minimum de consensus a-t-il été trouvé pour garantir une reprise dans le calme ?
Des zones d’ombre persistantes
Plusieurs points sensibles restent en suspens. Le paiement des rappels de bourses, à l’origine d’une partie des frustrations, n’a pas fait l’objet d’une communication claire. L’État maintient-il sa position initiale ou envisage-t-il des concessions ?
Autre interrogation majeure : la présence des forces de l’ordre sur le campus. Les images de la dernière intervention policière, marquée par des scènes de violence dénoncées par de nombreux acteurs, ont laissé des traces. Une cohabitation apaisée semble difficilement envisageable sans clarification sur ce point.
Le silence des plus hautes autorités, notamment du président de la République et du Premier ministre, alimente également les inquiétudes. Aucun discours fort n’est venu rassurer l’opinion ou tracer une perspective de sortie durable de crise.
Les étudiants dénoncent une mise à l’écart
Dans un communiqué, le collectif des amicales de l’UCAD fustige « une logique d’imposition de décisions » et affirme que des rencontres ont été tenues sans la participation des principaux concernés. Les amicales restent par ailleurs suspendues, ce qui nourrit un sentiment d’injustice et d’exclusion.
Pour de nombreux parents, la reprise des cours se fera dans un climat d’inquiétude. Envoyer leurs enfants sur le campus ne signifie pas pour autant que la sérénité soit revenue.
Le dialogue, condition indispensable
Si la réouverture du campus constitue une étape nécessaire pour sauver le calendrier académique, elle ne saurait suffire à elle seule à restaurer la confiance. Sans un dialogue inclusif, transparent et impliquant directement les étudiants, le risque d’une nouvelle flambée de tensions demeure réel.
Rouvrir les portes, c’est une chose. Garantir un environnement apaisé et propice aux études en est une autre. À l’UCAD, le ciel semble encore chargé. Et seule une volonté claire d’écoute et de concertation pourra dissiper les nuages qui planent sur l’université.

