Tribunal d’instance de Dakar : deux hommes jugés pour faux et usage de faux

Le Tribunal d’instance de Dakar a examiné, ce jeudi, l’affaire impliquant Ousseynou Cissé et Abdou Salam Chérif Aïdara, poursuivis respectivement pour faux et usage de faux en documents administratifs et complicité. Les deux prévenus ont été interpellés à la suite d’une plainte déposée par Diminga Ly.
Des extraits de naissance présumés fictifs
Selon la plaignante, son ex-époux, Abdou Salam Chérif Aïdara, aurait, avec l’aide d’Ousseynou Cissé, obtenu de faux extraits de naissance pour leurs enfants mineurs. Ces documents auraient ensuite servi à établir des pièces d’identité et à organiser leur départ vers le Congo.
Pour étayer ses accusations, Diminga Ly a versé au dossier des copies issues de la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF), ainsi que des certificats de non-existence délivrés par l’officier d’état civil de la mairie de Thiaroye-sur-Mer. Ces documents attesteraient que les numéros d’extraits de naissance utilisés ne figurent dans aucun registre officiel.
Une perquisition accablante
Entendu dans le cadre de l’enquête, Ousseynou Cissé avait d’abord nié toute implication, affirmant s’être limité à fournir son adresse et son numéro de téléphone à son ami. Mais une perquisition à son domicile à Grand-Dakar a permis la découverte de plusieurs documents administratifs appartenant à des tiers, dont des extraits de naissance et des certificats de perte vierges.
Lors de la confrontation, il a reconnu avoir versé 5 000 FCFA à un agent municipal à Thiaroye-sur-Mer pour obtenir les extraits, sans pouvoir identifier ce dernier.
La défense plaide l’absence d’intention frauduleuse
De son côté, Abdou Salam Chérif Aïdara a soutenu que ses enfants ont voyagé avec leurs passeports et qu’un laissez-passer aurait été délivré pour la plus jeune par l’ambassade du Congo. Il reconnaît avoir confié les formalités administratives à Ousseynou Cissé, mais affirme ignorer le caractère frauduleux des documents utilisés.
Un chauffeur cité dans la procédure a confirmé avoir conduit le prévenu et sa fille à l’aéroport, précisant n’avoir suspecté aucune tentative d’enlèvement.
À la barre, placés sous mandat de dépôt, les deux hommes ont finalement reconnu les faits. Diminga Ly a tenté de se constituer partie civile, mais le tribunal a déclaré sa constitution irrecevable in limine litis, l’entendant uniquement à titre de renseignement.
Réquisitions et délibéré
Le procureur de la République, estimant les faits établis, a requis six mois d’emprisonnement ferme contre chacun des prévenus : pour faux à l’encontre d’Ousseynou Cissé et pour complicité contre Abdou Salam Chérif Aïdara.
La défense, assurée par Mes Souleymane Soumaré, Moussa Konaté et Youssou Guèye, a sollicité une application bienveillante de la loi. Me Youssou Guèye a soutenu que son client ne saurait être poursuivi pour complicité de faux, faute d’avoir participé à la confection du document. À titre subsidiaire, il a évoqué l’infraction d’usage de faux, plaidant l’absence d’élément moral et demandant la relaxe.
Le jugement a été mis en délibéré au 3 mars prochain.

