Tragédie silencieuse au Burundi : Plus de 50 réfugiés congolais succombent aux maladies et à la faim

L’onde de choc des combats dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) traverse les frontières avec une violence inouïe. Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 50 réfugiés congolais ont perdu la vie au Burundi après avoir fui les affrontements. Un bilan qui illustre la précarité extrême de ceux qui ont tout laissé derrière eux pour sauver leur peau.

Le choléra et la faim : les autres visages de la guerre

Le décompte macabre fourni par le HCR révèle une situation sanitaire hors de contrôle dans les zones d’accueil. Sur les cinquante décès enregistrés :

  • 25 personnes ont été emportées par une épidémie de choléra, favorisée par le manque d’eau potable et d’infrastructures d’assainissement.
  • 6 personnes sont mortes d’anémie sévère et de malnutrition, touchant principalement les enfants et les personnes âgées.

Des enquêtes sont actuellement menées conjointement par le HCR et le ministère burundais de la Santé pour déterminer les causes exactes des autres décès, alors que les camps sont surpeuplés.

L’exode massif après la chute d’Uvira

Cette crise humanitaire a pris une ampleur dramatique depuis décembre 2025. L’intensification des combats près de la frontière et, surtout, la prise stratégique de la ville d’Uvira par les forces rebelles ont provoqué un mouvement de panique. Au total, plus de 100 000 Congolais ont traversé la frontière pour chercher refuge au Burundi.

Malheureusement, ce refuge s’avère précaire. Les autorités burundaises et les agences onusiennes dénoncent une crise « totalement oubliée » par les bailleurs de fonds internationaux, dont l’attention est focalisée sur d’autres théâtres de conflits mondiaux.

Kinshasa tente de réagir

Face à l’ampleur du désastre, le gouvernement de la RDC ne reste pas inactif. Le ministère congolais des Affaires sociales a annoncé le lancement d’une mission humanitaire d’urgence en territoire burundais. Cette aide comprend :

  1. Des cargaisons de produits alimentaires de base.
  2. Des stocks de médicaments, notamment pour lutter contre le choléra.
  3. Des biens de première nécessité (couvertures, kits d’hygiène).

Toutefois, pour les acteurs humanitaires sur le terrain, cette aide ponctuelle ne suffira pas si un corridor humanitaire sécurisé et un financement international massif ne sont pas mis en place immédiatement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *