Thiat sort « Son de redressemenT » et charge le pouvoir en place
Le rappeur Thiat signe un retour remarqué avec son nouveau morceau intitulé Son de redressemenT. À travers cette chanson engagée dévoilée ce mercredi 20 mai, l’artiste livre une critique frontale de la situation politique, économique et sociale du Sénégal.
Fidèle à son style militant, le membre du groupe Keur Gui dresse un tableau sombre du pays et interpelle directement les autorités sur plusieurs sujets sensibles.
Une critique du fonctionnement du pouvoir
Dans son texte, Thiat vise clairement l’exécutif sénégalais à travers des formules percutantes. Il évoque notamment « un Président qui occupe le poste sans assumer la fonction » et « un Premier ministre qui veut assumer la fonction sans occuper le poste », dans une allusion au tandem entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.
Le rappeur remet également en question l’orientation actuelle du pays, se demandant si le Sénégal avance réellement vers la « Vision 2050 » ou vers un simple « plan de redressement ».
Chômage, grèves et crise sociale
Au cœur du morceau, Thiat insiste sur le chômage des jeunes, qu’il considère comme l’un des principaux fléaux du pays. Il évoque aussi les difficultés rencontrées dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, l’éducation et la santé.
L’artiste qualifie la campagne agricole de « catastrophique » et parle d’une « colère du monde rural ». Il revient aussi sur les nombreuses grèves syndicales et les tensions sociales qui traversent actuellement le pays.
Des accusations contre la gouvernance
Dans « Son de redressemenT », le rappeur accuse le gouvernement de populisme et critique ce qu’il considère comme un manque d’actions concrètes malgré les nombreux discours officiels.
Il évoque également des sujets sensibles tels que :
- les licenciements ;
- les déguerpissements sans solution alternative ;
- l’accès à l’information ;
- les audits et enquêtes non transmis à la justice ;
- ainsi que le fonctionnement de la justice sénégalaise.
« Justice à géométrie variable »
Thiat dénonce enfin une « justice à géométrie variable » et affirme que la reddition des comptes s’apparente parfois à un « règlement de comptes ».
Le morceau aborde aussi des questions politiques et sociétales délicates, notamment le rôle de Assemblée nationale du Sénégal, la question de l’homosexualité ou encore la présence du chef de l’État au sein du Conseil supérieur de la magistrature.
Avec ce nouveau titre, Thiat renoue avec le rap contestataire qui a longtemps marqué l’identité de Keur Gui, confirmant une nouvelle fois sa volonté de faire de la musique un instrument de dénonciation sociale et politique.

