Subventions énergétiques : le Gouvernement sénégalais alerte sur une pression budgétaire croissante

Subventions énergétiques : le Gouvernement sénégalais alerte sur une pression budgétaire croissante

Le ministre Birame Souleye Diop a défendu la stratégie énergétique du Gouvernement lors de la séance de questions d’actualité tenue à Assemblée nationale du Sénégal. Face aux députés, il a reconnu les fortes pressions exercées sur les finances publiques dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la hausse des prix des hydrocarbures.

Le ministre a toutefois souligné que le Sénégal avait jusqu’ici évité les pénuries observées dans certains pays de la région.

« Le conflit au Moyen-Orient a engendré des difficultés dans l’approvisionnement, mais contrairement à d’autres pays, il n’y a jamais eu de rupture chez nous », a-t-il déclaré devant les parlementaires.

La « vérité des prix » au cœur des débats

Interpellé sur le coût réel des subventions accordées au gaz, aux carburants et à l’électricité, Birame Souleye Diop a insisté sur la nécessité d’une plus grande transparence.

Selon lui, les compensations supportées par l’État atteignent déjà des niveaux préoccupants.

« Quand on évalue les subventions, nous sommes déjà à 64 milliards de FCFA. Si nous n’y prenons garde, cela pourrait représenter à terme le cinquième du budget national », a-t-il averti.

Le ministre a annoncé qu’une restitution publique sera prochainement organisée afin d’expliquer aux Sénégalais le coût réel des aides énergétiques supportées par l’État.

Vers des réformes ciblées

Le Gouvernement envisage désormais des réformes visant à mieux cibler les subventions afin qu’elles profitent davantage aux ménages les plus vulnérables.

Selon Birame Souleye Diop, l’objectif est d’éviter que les aides énergétiques bénéficient indistinctement à toutes les catégories sociales, y compris les plus aisées.

Il a également évoqué des ajustements fiscaux et douaniers destinés à préserver les équilibres budgétaires tout en limitant l’impact de la hausse des prix internationaux sur les consommateurs.

Cheikh Diba évoque un risque de plus de 1 000 milliards FCFA

Le ministre Cheikh Diba a, lui aussi, tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences financières de la crise énergétique mondiale.

Selon lui, la Loi de finances initiale avait prévu environ 250 milliards de FCFA pour les subventions énergétiques. Mais avec la poursuite des tensions internationales et l’augmentation du prix du baril, les besoins pourraient exploser.

Le ministre des Finances a averti que les compensations pourraient dépasser à terme les 1 000 milliards de FCFA, ce qui représenterait une lourde charge pour les finances publiques sénégalaises.

Malgré ces inquiétudes, le Gouvernement affirme vouloir maintenir une politique de protection sociale tout en travaillant sur une meilleure maîtrise des dépenses liées aux subventions énergétiques.

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