Soudan : Tragédie à Dilling, le secteur de la santé décapité par des tirs d’artillerie

La guerre civile au Soudan, qui a franchi le cap symbolique des 1 000 jours de combats ce vendredi, vient de frapper une nouvelle fois au cœur de l’infrastructure vitale. Ce dimanche 11 janvier 2026, le Réseau des médecins du Soudan a confirmé la mort de quatre soignants dans l’État du Kordofan du Sud, victimes de bombardements systématiques contre des installations médicales.
Une ville sous les obus
Le drame s’est cristallisé dans la ville stratégique de Dilling, située dans le sud du pays. Des tirs d’artillerie lourde, attribués aux Forces de soutien rapide (FSR) et à la faction alliée du SPLM-N (Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord), ont ciblé plusieurs établissements de santé. Outre les quatre décès, trois autres professionnels de santé ont été grièvement blessés.
Le chaos hospitalier : trois structures ferment leurs portes
L’onde de choc de ces attaques a forcé les principales structures de la ville à cesser toute activité. La paralysie est désormais quasi totale à Dilling après la suspension des services de :
- L’hôpital du Corps médical ;
- Le centre principal d’assurance maladie ;
- L’hôpital universitaire de Dilling.
Cette situation est d’autant plus alarmante que les rares centres encore fonctionnels opèrent dans des conditions moyenâgeuses. Des rapports récents indiquent que, faute de fournitures médicales de base et de logistique, des chirurgies urgentes sont parfois pratiquées sans anesthésie.
Une population prise en étau
Dilling est aujourd’hui une ville fantôme, isolée par un siège qui empêche l’acheminement de l’aide humanitaire et des médicaments. Les Nations Unies estiment que près de 65 000 personnes ont été déplacées dans la région du Kordofan depuis octobre dernier, fuyant des combats qui n’épargnent aucun civil.
« Les FSR sont pleinement responsables de ces violations flagrantes du droit international humanitaire », a martelé le Réseau des médecins du Soudan dans un communiqué incendiaire.
Un appel au monde resté sans réponse
Alors que le pays s’enfonce dans ce que l’ONU qualifie de « pire crise de déplacement au monde », le personnel médical restant sur place lance un appel désespéré à la communauté internationale. Sans une intervention urgente pour protéger les établissements de santé et briser le siège de Dilling, le groupe médical indépendant craint une « mise à mort lente » des populations civiles par la faim et le manque de soins.
À ce jour, les Forces de soutien rapide (FSR) n’ont fait aucun commentaire officiel sur ces accusations de bombardements d’hôpitaux.

