Sénégal : Amnesty International alerte sur les graves atteintes aux droits humains en 2024
Dakar, avril 2025 – Dans son rapport annuel 2024, Amnesty International dénonce une dégradation inquiétante des droits humains au Sénégal, marquée par la répression violente de manifestations, des restrictions croissantes des libertés fondamentales et des violations persistantes des droits des femmes, des enfants et des migrants.
Répression des manifestations et impunité
L’organisation met en lumière la réponse brutale des forces de sécurité lors des protestations contre le report de l’élection présidentielle en février 2024. Selon Amnesty, quatre personnes, dont un adolescent, ont été tuées, plus de 150 manifestants arrêtés, et plusieurs journalistes agressés.
La loi d’amnistie votée en mars 2024 a mis un terme aux poursuites judiciaires liées à ces événements, empêchant les familles des victimes d’obtenir justice, une mesure vivement critiquée par les défenseurs des droits humains.
Surpopulation carcérale et conditions de détention alarmantes
Le rapport signale également une situation carcérale préoccupante, notamment à la prison de Rebeuss, où une épidémie de tuberculose a été signalée. Amnesty s’alarme aussi des arrestations ciblées de figures de l’opposition, souvent pour des propos critiques envers le pouvoir.
Droits des femmes et des enfants encore bafoués
Malgré des engagements officiels, les droits des femmes au Sénégal restent limités par un Code de la famille discriminatoire. Les enfants talibés, forcés à mendier dans des daaras (écoles coraniques), continuent d’être exploités, en violation des lois nationales contre la traite des enfants.
Crise migratoire : près de 1 000 morts en mer
Entre janvier et mai 2024, Amnesty recense près de 1 000 migrants sénégalais morts en mer en tentant de rejoindre l’Europe, une crise humanitaire majeure qui met en lumière l’absence de politiques de protection efficaces.
Environnement : suspension des mines sur la Falémé
Côté environnemental, les autorités ont suspendu les activités minières le long de la rivière Falémé, face aux risques élevés de pollution. Une mesure saluée par les écologistes, mais jugée insuffisante par Amnesty, qui demande une réglementation plus stricte.
Des réformes en cours mais des défis persistants
Sous la houlette du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, le nouveau gouvernement a entamé des réformes judiciaires. Amnesty reconnaît ces efforts, mais souligne que le respect des droits humains reste un défi majeur pour les autorités sénégalaises.

