SÉCURITÉ : Le cri de détresse des éleveurs de Goudomp face au vol de bétail

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Le département de Goudomp, dans la région de Sédhiou, traverse une crise sans précédent. Frontalière avec la Guinée-Bissau, cette zone est devenue l’épicentre d’un banditisme pastoral qui décime l’économie locale. En l’espace d’un an, les chiffres du vol de bétail ont atteint des sommets alarmants, plongeant des centaines de familles dans la précarité.

Une hémorragie de bétail sans précédent

Les statistiques récentes révèlent l’ampleur du désastre pour le monde rural. En seulement douze mois, 950 têtes de bétail ont été déclarées disparues dans le département, dont une écrasante majorité de bovins (930 têtes).

Cependant, c’est le début de l’année 2026 qui marque un tournant dramatique. Pour le seul mois de janvier, les rapports font état de :

  • 600 bovins dérobés ;
  • 612 caprins volés.

Ces chiffres vertigineux témoignent d’une professionnalisation des réseaux de voleurs qui profitent de la porosité des frontières pour exfiltrer les troupeaux vers les pays voisins en un temps record.

Goudomp : Un « couloir » pour les trafiquants

La position géographique de Goudomp, à cheval entre la Casamance et la Guinée-Bissau, est à la fois une richesse et une vulnérabilité. Les malfrats utilisent les nombreuses pistes forestières pour échapper aux contrôles.

« Ce n’est plus du simple vol, c’est un pillage organisé qui tue l’espoir des jeunes de rester dans le terroir », se désole un représentant des éleveurs locaux.

Face à cette insécurité, les éleveurs sont souvent contraints de brader leur bétail restant ou d’abandonner le métier, alimentant ainsi l’exode rural et la pauvreté.

Vers une militarisation de la surveillance ?

Devant l’impuissance des comités de vigilance villageois, les populations réclament des mesures d’urgence au gouvernement :

  1. Renforcement des patrouilles frontalières : Une présence accrue de la gendarmerie et de l’armée sur les points de passage stratégiques.
  2. Criminalisation accrue : L’application stricte de la loi durcissant les peines contre le vol de bétail.
  3. Coopération transfrontalière : Une coordination avec les autorités de Guinée-Bissau pour démanteler les marchés de receleurs.

Le vol de bétail à Goudomp dépasse le simple cadre du fait divers pour devenir un enjeu de sécurité nationale. Dans une région où l’élevage est le socle de la résilience économique, chaque tête de bétail volée est une attaque contre la souveraineté alimentaire. La visite prochaine du Président de la République dans le sud-est du pays pourrait être l’occasion pour les éleveurs de Sédhiou de réclamer un « Plan Marshall » pour la sécurisation de leur patrimoine.

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