Santé publique : regarder toute la réalité en face

Au-delà de la perversion rejetée par notre société, notre culture et nos religions, il existe dans notre pays une réalité que l’on refuse d’aborder avec la même fermeté : l’homosexualité féminine, sous différentes formes, y compris dans des parcours bisexuels, participe elle aussi aux dynamiques de transmission des infections sexuellement transmissibles.

Limiter le débat à une seule catégorie d’individus est une erreur d’analyse et une faute stratégique en matière de santé publique.

La transmission du VIH/SIDA ne se résume pas à une configuration unique. Elle découle de comportements à risque, de multipartenariats, de relations non protégées, et de réseaux invisibles qui traversent les milieux sociaux et les générations. Toute approche sélective crée une illusion de contrôle pendant que d’autres réalités continuent d’exister dans l’ombre.

Il faut avoir le courage de dire que le phénomène ne concerne pas uniquement des hommes. Il existe également des couples féminins, des situations de bisexualité, des trajectoires dissimulées qui, combinées à d’autres pratiques à risque, entretiennent des chaînes de transmission que l’on refuse d’analyser publiquement.

La santé publique exige une vision globale.
Elle exige que toutes les voies soient examinées.
Elle exige que toutes les responsabilités soient assumées.

Parmi ces voies figurent aussi certains lieux de rencontres qui échappent au cadre légal. La loi est claire : les appartements meublés en location, les auberges et les résidences doivent disposer d’un agrément délivré par l’État à travers la direction de la réglementation compétente. Ces établissements sont soumis à des obligations de conformité sécuritaire, au paiement de la taxe de nuitée, à l’impôt sur le chiffre d’affaires, et relèvent du contrôle des services compétents, notamment la police touristique.

L’absence de régulation fragilise à la fois la sécurité, la fiscalité et le suivi sanitaire indirect.

Protéger nos valeurs ne suffit pas.
Il faut aussi protéger la santé publique.

Cela suppose de ne pas traiter le problème à moitié.
Cela suppose d’ouvrir les yeux sur toutes les dimensions du phénomène.
Cela suppose de faire appliquer les lois existantes avec rigueur et sans sélectivité.

Le Sénégal ne peut pas combattre un mal en ne regardant qu’une partie de ses causes.

Thierno Lo
Président de l’Alliance pour la Paix et le Développement

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