SANTÉ MONDIALE : Les États-Unis quittent officiellement l’OMS, une onde de choc budgétaire

C’est désormais acté. Ce jeudi 22 janvier 2026, au terme d’un préavis d’un an, les États-Unis ont officiellement acté leur retrait de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette décision, pilier de la politique étrangère du président Donald Trump, laisse l’institution onusienne face à un défi existentiel.
Par Abdallah
Washington / Genève — La rupture est consommée. Un an jour pour jour après l’annonce de l’administration américaine, le siège de l’OMS à Genève doit composer avec le départ de son plus gros contributeur financier, une première depuis la création de l’agence en 1948.
Les raisons d’un divorce
Le gouvernement américain a justifié ce retrait par une série de critiques acerbes à l’encontre de l’organisation :
- Manque d’efficacité : Washington pointe du doigt une gestion défaillante des crises sanitaires passées, ayant entraîné des conséquences lourdes sur l’économie des États-Unis.
- Exigence de transparence : Les autorités américaines dénoncent une opacité et un manque de réactivité de l’OMS face aux alertes mondiales.
- Question financière : Les États-Unis estiment que leur part de contribution était disproportionnée par rapport à l’influence réelle exercée sur les décisions de l’agence.
Un impact financier dévastateur
Le départ de la première puissance mondiale laisse un vide colossal dans les caisses de l’institution :
- Perte budgétaire : L’OMS perd instantanément 18 % de son budget global.
- Arriérés de paiement : Les États-Unis partent en laissant une ardoise estimée à 260 millions de dollars pour les exercices 2024 et 2025.
Vers une cure d’austérité drastique
Face à cette asphyxie financière, l’OMS a déjà entamé une restructuration forcée qui menace ses capacités opérationnelles :
- Réduction de l’état-major : L’équipe dirigeante a déjà été réduite de 50 %.
- Vagues de licenciements : La suppression de près d’un quart des effectifs mondiaux (25 %) est programmée pour ce premier semestre 2026.
Ce retrait crée un vide sécuritaire sans précédent. Sans la coordination et les financements américains, l’OMS se retrouve amputée de ses bras opérationnels dans les zones les plus vulnérables. La question est désormais de savoir si d’autres puissances, comme l’Union européenne ou la Chine, combleront ce déficit, ou si nous entrons dans une ère de « chacun pour soi » sanitaire où la prochaine épidémie mondiale sera bien plus difficile à contenir.

