Saint-Louis / Crise scolaire : Le SAEMS fustige un « sabotage » des salaires et une « surimposition » de 50 %
SAINT-LOUIS — La ville tricentenaire a servi de tribune, ce mardi 3 mars 2026, à une charge virulente du Syndicat Autonome des Enseignants du Moyen Secondaire (SAEMS). Lors du cinquième plan d’action du G7, le secrétaire général national El Hadji Malick Youm a dénoncé un mépris institutionnel et une pression fiscale qu’il juge illégale.
Par la Rédaction
Le climat social dans l’éducation nationale continue de se dégrader. À Saint-Louis, le message des syndicalistes est clair : les enseignants ne se laisseront pas intimider par ce qu’ils qualifient de « discours anti-enseignants » émanant de certains cercles du pouvoir et de l’Assemblée nationale.
L’équité plutôt que l’augmentation
El Hadji Malick Youm a tenu à recadrer le débat pour l’opinion publique. Contrairement aux idées reçues, le G7 ne réclame pas une nouvelle hausse de salaire, mais le respect des engagements et de la dignité du corps enseignant.
« Nous ne demandons pas de l’argent, mais l’équité salariale et l’arrêt des ponctions injustifiées sur nos revenus », a-t-il martelé.
Le syndicaliste a insisté sur le rôle de l’enseignant comme « bâtisseur de la nation » et « ascenseur social de la République », rappelant aux autorités actuelles qu’elles sont les produits directs de l’école publique sénégalaise.
Le scandale de la « surimposition »
Le point de rupture semble être atteint au niveau du ministère des Finances. Le SAEMS dénonce une méthode de calcul de l’impôt sur le revenu qui friserait la spoliation. Selon le syndicat, les nouvelles mesures fiscales aboutissent à des prélèvements pouvant atteindre, voire dépasser, les 50 % du salaire.
Pour le SAEMS, il ne s’agit plus de fiscalité ordinaire, mais d’un « sabotage systématique » des acquis sociaux obtenus après des années de lutte. Le syndicat considère que ces ponctions massives violent la législation fiscale en vigueur.
Vers un durcissement du mouvement ?
Le SAEMS se positionne désormais comme une « sentinelle » prête à tout pour sauvegarder l’avenir de l’école sénégalaise. El Hadji Malick Youm a prévenu que l’évaluation du plan d’action en cours pourrait déboucher sur des mesures encore plus radicales.
« Nous n’allons pas reculer », a-t-il averti, tout en rejetant toute tentative d’instrumentalisation politique de leur mouvement. Pour les syndicalistes, le combat est strictement professionnel et éthique : il s’agit de protéger le pouvoir d’achat des enseignants face à ce qu’ils considèrent comme une agression financière de l’État.
La mobilisation de Saint-Louis prouve que la trêve sociale de deux ans est bel et bien terminée. En liant la question des salaires à celle de la dignité, le SAEMS et le G7 placent le gouvernement devant un choix cornélien : clarifier sa politique fiscale et budgétaire envers les fonctionnaires ou risquer une année blanche qui compromettrait l’avenir des élèves.

