Relations Sénégal-FMI : Enjeux Cruciaux d’une Mission Déterminante en Septembre
La visite d’une mission du FMI, attendue à Dakar le 5 septembre, suscite de nombreuses interrogations quant à l’évolution des relations entre le Sénégal et l’institution financière. Ce rendez-vous intervient après le report de la réunion du Conseil d’administration du FMI en juillet, prévue pour évaluer les progrès du programme IPCE, en raison de la défection du Sénégal.
Les enjeux de cette mission sont d’autant plus cruciaux que la dernière visite du FMI n’a pas produit les résultats escomptés. Le partenariat entre le FMI et le Sénégal, fondé sur le Mécanisme élargi de facilité pour la résilience et la durabilité, est généralement perçu comme exemplaire. Toutefois, la prochaine mission pourrait remettre en question cette réputation, surtout après l’échec de la précédente revue, comme le rapportait Le Quotidien le 27 juillet dernier.
Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, avait choisi de se retirer de la réunion plutôt que d’affronter l’incapacité de justifier de nouvelles levées de fonds sur les marchés financiers, alors que les caisses de l’État sont déjà bien pourvues. Cette décision a entraîné le gel des facilités de crédit pour le Sénégal, une situation qui pourrait devenir critique si le gouvernement ne met pas ses comptes en ordre.
Le ministre Diba devra fournir des explications convaincantes sur la gestion des finances publiques, notamment sur l’utilisation des plus de 750 millions de dollars levés sur le marché international. À ce jour, ces fonds n’ont pas encore fait l’objet d’une Loi de Finances Rectificative (LFR) et n’ont donc pas été officiellement affectés. Cette situation pourrait fragiliser les relations avec les partenaires financiers, d’autant que l’Assemblée nationale n’a pas été convoquée pour débattre des dernières levées de fonds.
En parallèle, la mission de revue coïncide avec le Débat d’Orientation Budgétaire, un moment clé dans la préparation du vote de la loi sur le budget. Un report de ce débat serait un scénario difficilement envisageable, mais si la mission de septembre ne se conclut pas favorablement, une nouvelle rencontre pourrait être programmée pour décembre, voire juillet prochain, ce qui poserait la question de la viabilité du programme IPCE.
Le Sénégal pourrait cependant bénéficier de la présence d’un nouveau représentant-résident du FMI. Le Centrafricain Mesmin Koulet-Vickot, en fin de mandat, sera remplacé à l’issue de cette revue. Son successeur, originaire du Maghreb, pourrait chercher à atténuer les tensions dès son arrivée, offrant ainsi une opportunité de rétablir un climat de confiance entre les deux parties.
Cette mission du 5 septembre sera donc déterminante pour l’avenir des relations entre le Sénégal et le FMI, avec des implications majeures pour l’économie du pays.

