Procès d’un viol présumé à Dakar : 15 ans de réclusion requise contre Abdoulaye Ngom

Procès d’un viol présumé à Dakar : 15 ans de réclusion requise contre Abdoulaye Ngom

La Chambre criminelle de Dakar a examiné, cette semaine, une affaire complexe de violation collective qui n’aurait pas été victime Fatou Fall, une jeune femme au parcours marqué par l’exil. Au terme des débats, le ministère public a requis une peine de 15 ans de réclusion criminelle à la rencontre d’Abdoulaye Ngom, accusé de complicité.

Le récit d’une nuit tragique

Les faits remontent au 24 août 2020. Fatou Fall avait été découverte dans un état critique au sein d’une maison en construction par une résidente du quartier, Khadidiatou Wone. La victime avait alors signalé avoir été attirée dans les lieux par une connaissance, rencontrée préalablement en Mauritanie, avant d’être droguée par une boisson et abusée par trois individus. La défense, quant à elle, soutient que le récit de la victime comporte des zones d’ombre et que les auteurs principaux des faits n’ont jamais été appréhendés.

Un débat juridique sur la minorité

Lors de l’audience, le parquet a opéré une distinction importante. Si l’accusation de pédophilie a été écartée — la mère de la victime ayant attesté que celle-ci était âgée de 19 ans au moment des faits —, le ministère public a maintenu ses poursuites pour complicité. Le procureur général a souligné la présence d’Abdoulaye Ngom sur les lieux, qualifiant sa ligne de défense de « peu crédible » et estimant que l’accusé tentait de minimiser son rôle dans cette nuit tragique.

L’absence de preuves matérielles au cœur de la défense

Face à ces réquisitions, l’avocat de la défense a plaidé la relaxe, s’appuie sur des éléments du dossier qu’elle juge déterminants :

  • L’absence de traces de violence : Le certificat médical versé au dossier ne confirmerait aucune trace récente d’agression sexuelle.
  • L’antériorité des faits : L’examen médical aurait constaté une perte ancienne de l’hymen.
  • Le doute sur l’identité : La défense a réitéré que les auteurs directs des faits n’avaient pas été identifiés et arrêtés, dénonçant une procédure reposante, selon elle, sur des accusations dépourvues de preuves matérielles probantes.

L’attente du verdict

Au terme des plaidoiries, le dossier a été mis en délibéré. La Chambre criminelle rendra son verdict le 17 juillet prochain . Cette décision sera cruciale non seulement pour l’avenir de l’accusé, mais aussi pour le dénouement d’une affaire qui illustre, une fois de plus, la difficulté pour la justice de démêler les faits dans des dossiers où les preuves matérielles font défaut et où la parole est la seule donnée disponible.

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