Procès d’Assane Guèye dit « Azoura Fall » : Le militant de Pastef condamné à un mois de prison ferme
Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict ce mardi dans l’affaire opposant à l’État au militant de Pastef, Assane Guèye, alias « Azoura Fall ». Poursuivi pour offense au chef de l’État après des déclarations controversées visant Bassirou Diomaye Faye, il a écopé d’une peine d’emprisonnement d’un mois ferme.
Reconnaissance des faits et des regrets
L’affaire remonte à la période de l’installation d’Ousmane Sonko au perchoir de l’Assemblée nationale. Azoura Fall, agriculteur et vendeur de véhicules domicilié à la Patte d’Oie, avait tenu des propositions jugées irrespectueuses envers le Président de la République. À la barre, le prévenu n’a pas cherché à nier les faits. « C’est moi qui ai tenu ces propos. J’étais en colère », at-il confessé, tout en provoquant son geste par une profonde inquiétude face à d’éventuelles dissensions au sein du duo exécutif : « Diomaye est un père pour moi. Je ne peux pas concevoir qu’il se sépare de son ami Ousmane Sonko ».
Le prévenu a toutefois exprimé ses regrets, affirmant avoir pris conscience de la gravité de ses paroles dès son retour à domicile.
Un débat entre santé mentale et liberté d’expression
L’audience a également été marquée par les doléances du prévenu concernant ses conditions d’arrestation et son suivi médical. Azoura Fall a évoqué son précédent internement à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye, une mesure qu’il a qualifié de douloureuse pour sa famille. Le procureur a cependant tenu à préciser que ce sont les conseils de la défense qui avaient eux-mêmes produit ces documents médicaux durant la procédure.
Pour sa part, Me Ciré Clédor Ly, avocat du prévenu, a articulé sa stratégie de défense autour du concept de liberté d’expression. « Un chef d’État qui n’accepte pas les critiques n’est pas un chef d’État. Je connais Diomaye, il ne porterait pas plainte contre Azoura », a plaidé la robe noire, sollicitant la relaxe pure et simple de son client.
Le verdict du tribunal
Le ministère public, jugeant les faits constants, avait requis une peine de deux ans de prison, dont six mois ferme. Après en avoir délibéré, le tribunal a finalement déclaré Azoura Fall coupable d’offense au chef de l’État. Il a été condamné à une peine de six mois d’emprisonnement, dont un mois ferme , assortie d’une amende de 100 000 francs CFA.
Avec cette peine, le tribunal vient clore un dossier qui illustre les tensions entourant la liberté de ton des militants au sein du paysage politique actuel.

