Pakistan : un soutien populaire à l’intervention à Gaza, mais une prudence vis-à-vis du plan Trump

Alors que la communauté internationale s’active pour préparer l’après-guerre dans la bande de Gaza, le Pakistan se trouve face à un dilemme stratégique délicat. Une récente enquête Gallup, menée auprès de 1 600 Pakistanais et relayée par Al Jazeera, révèle un soutien massif de l’opinion publique à un engagement militaire : 73 % se disent favorables à l’envoi de troupes dans le cadre d’une force de stabilisation internationale, dont 55 % avec un soutien « fort ».

Pour autant, cet enthousiasme s’estompe lorsqu’il s’agit du cadre politique proposé par Washington. Le projet du « Board of Peace », initiative lancée par Donald Trump, suscite l’incertitude : 39 % des sondés doutent de sa pertinence, 34 % se montrent favorables et 23 % opposés. La population impose des conditions strictes pour toute participation : une demande formelle des dirigeants palestiniens (86 %), l’approbation de l’ONU (81 %) et une alliance de pays musulmans (64 %). À l’inverse, l’aval des grandes puissances comme les États-Unis ou la Chine est jugé secondaire.

Cette prudence s’explique par le flou entourant le mandat de la force envisagée. Les responsables pakistanais, dont le ministre des Affaires étrangères Ishaq Dar, ont clairement indiqué qu’« désarmer le Hamas n’est pas notre travail », reflétant la crainte que l’armée nationale soit utilisée contre des factions palestiniennes – un scénario rappelant les événements de Septembre noir en Jordanie en 1970.

Selon Bilal Gilani, directeur exécutif de Gallup Pakistan, une divergence se dessine entre élites et population : si les cercles dirigeants semblent tentés de rejoindre le « Board of Peace » pour des raisons diplomatiques, la rue privilégie une approche basée sur le droit international et le consensus musulman, loin des agendas géopolitiques américains.

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