Où va ce monde ? Un cri du cœur face aux incohérences internationales

Je peux me tromper. Mais je refuse de me taire.
Lorsque Benjamin Netanyahu est reçu aux États-Unis, certains veulent nous faire croire qu’il s’agit simplement d’influencer Donald Trump. Soyons sérieux. La relation stratégique entre Israël et les États-Unis dépasse les hommes. Elle repose sur une vision commune et des intérêts géopolitiques durables.
Ce qui me trouble, ce sont les incohérences.
On parle de démocratie quand cela arrange.
On invoque la souveraineté quand cela sert certains alliés.
Mais on la relativise quand un régime n’est pas jugé “ami”.
On détruit des infrastructures au nom de la sécurité.
On soutient des pressions extérieures au nom des droits humains.
Puis on s’étonne que les régions concernées sombrent dans l’instabilité durable.
L’Irak et la Libye sont encore là pour rappeler que renverser ou affaiblir un régime ne signifie pas construire un État stable. Les frappes aériennes peuvent détruire des installations. Elles ne détruisent ni les idéologies ni les dynamiques internes profondes. Et toute escalade terrestre aurait un coût humain que les opinions publiques occidentales elles-mêmes accepteraient difficilement.
Ce qui est dangereux, c’est la normalisation d’un principe implicite : certaines puissances pourraient décider qui doit diriger les pays qui ne leur sont pas favorables.
Aujourd’hui l’Iran.
Hier d’autres.
Demain qui ?
Le Brésil ?
L’Afrique du Sud ?
Un pays africain qui dérange ?
L’Afrique doit comprendre que ces dynamiques ne sont pas lointaines. Chaque crise au Moyen-Orient impacte nos économies, nos équilibres diplomatiques, nos marges de manœuvre. Dans un monde polarisé, on nous demandera toujours de choisir un camp. Or notre intérêt est d’abord la stabilité, la cohérence et le respect du droit international.
On ne peut pas défendre la démocratie à géométrie variable.
On ne peut pas dénoncer l’ingérence ici et l’encourager ailleurs.
On ne peut pas parler de paix tout en alimentant des stratégies d’escalade.
Je ne défends aucun régime. Je défends un principe : la cohérence et la responsabilité.
L’Afrique doit produire sa propre lecture du monde, investir les espaces médiatiques internationaux et refuser d’être spectatrice d’un ordre mondial façonné sans elle.
Le silence est confortable.
Mais l’histoire ne pardonne pas les silences prolongés.
Thierno Lo
Un Républicain libre

