ONU : Macky Sall plaide pour une réforme de l’institution et cherche à rassurer les grandes puissances, dont les États-Unis

L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, candidat potentiel à la succession d’António Guterres à la tête de l’Organisation des Nations unies, multiplie les prises de position sur la réforme du système multilatéral.
Dans un entretien accordé au média américain Breitbart News, il a insisté sur la nécessité de moderniser et de rendre plus efficace le fonctionnement de l’ONU, en mettant l’accent sur la rationalisation des budgets, la réduction des doublons entre agences et l’amélioration de l’impact des opérations de maintien de la paix.
Selon lui, l’organisation internationale doit « gagner en efficacité » et mieux répondre aux défis contemporains, notamment en matière de prévention des conflits et de gestion des crises. Il plaide également pour une évaluation plus régulière des mandats onusiens afin de limiter l’accumulation de programmes jugés redondants.
Une réforme centrée sur l’efficacité et les coûts
L’ancien chef d’État évoque la nécessité de repenser l’organisation interne de l’ONU, notamment la gestion de ses ressources humaines et financières. Il souligne que certaines fonctions pourraient être décentralisées vers des hubs régionaux afin de réduire les coûts, et que le recours aux nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle, pourrait contribuer à améliorer l’efficacité administrative.
Il estime également que les opérations de maintien de la paix doivent être davantage orientées vers la prévention des conflits, plutôt que vers des interventions prolongées dans des situations déjà dégradées.
Sécurité internationale et migration
Sur les questions de sécurité internationale, Macky Sall insiste sur la nécessité d’une coopération renforcée entre États membres pour lutter contre le terrorisme, en particulier en Afrique et au Moyen-Orient. Il appelle à une approche plus coordonnée des crises sécuritaires.
Concernant les migrations irrégulières, il met en avant les facteurs structurels, notamment l’insécurité et le manque d’opportunités économiques dans les pays d’origine. Selon lui, les politiques de développement, la transformation locale des ressources et la création d’emplois sont essentielles pour réduire les flux migratoires.
Positionnement diplomatique
Dans cet entretien, l’ancien président sénégalais souligne également l’importance du rôle des grandes puissances dans le système onusien, en particulier celui des membres permanents du Conseil de sécurité. Il affirme vouloir favoriser un dialogue étroit entre ces acteurs en cas d’élection à la tête de l’organisation.
Sans annoncer de rupture, il insiste sur la nécessité pour le futur secrétaire général de maintenir un équilibre entre indépendance institutionnelle et coopération avec les principaux États contributeurs.
Contexte
La succession du secrétaire général de l’ONU devrait être au centre des discussions diplomatiques dans les prochains mois, en amont de l’échéance prévue au sein de l’Assemblée générale des Nations unies. Les candidatures font traditionnellement l’objet de négociations informelles entre les membres du Conseil de sécurité, dont les cinq permanents disposent d’un droit de veto.

