NIGERIA : La police reconnaît finalement l’enlèvement massif de fidèles dans l’État de Kaduna

Nouvel enlèvement de masse au Nigeria: plus de 160 fidèles enlevés dans  l'attaque de deux églises - Le Temps

Après avoir initialement qualifié les informations de « totalement fausses », les autorités nigérianes ont fait marche arrière ce mardi soir. Elles admettent désormais qu’un rapt de grande ampleur a bien eu lieu dimanche lors de services religieux, avec un bilan humain qui pourrait dépasser les 170 disparus.

Par Abdallah

Kaduna — Le démenti n’aura tenu que 24 heures. Face à l’accumulation de témoignages de dignitaires religieux et de rapports d’organisations internationales, la police nationale nigériane a fini par concéder la réalité de l’attaque survenue le dimanche 18 janvier 2026.

Une bataille de chiffres autour des disparus

Si l’enlèvement est désormais confirmé, l’imprécision demeure sur le nombre exact de victimes. Les différentes sources sur le terrain présentent un tableau alarmant :

  • Association chrétienne du Nigeria : Fait état d’une liste nominative de 177 disparus.
  • Dignitaires locaux (AFP) : Évoquent plus de 160 personnes emmenées par les assaillants.
  • Rapport des Nations Unies : Estime à environ une centaine le nombre de captifs.

Le « rétropédalage » de la police : Une stratégie de communication contestée

Le porte-parole de la police nationale, Benjamin Hundeyin, a tenté de justifier le démenti initial des autorités de l’État de Kaduna. Selon lui, les déclarations affirmant qu’aucune preuve n’avait été trouvée visaient à « éviter toute panique inutile » pendant la phase de vérification des faits.

Une explication qui peine à convaincre les familles des victimes, restées sans nouvelles de leurs proches alors que les forces de l’ordre affirmaient que rien ne s’était passé. La police assure désormais que des opérations sont en cours pour « localiser et secourir les victimes ».

Le kidnapping : Une « industrie lucrative »

Ce nouveau drame illustre une fois de plus la puissance des gangs criminels, communément appelés « bandits », qui terrorisent le centre et le nord du Nigeria. Malgré l’interdiction légale du paiement des rançons, le phénomène s’est transformé en un secteur économique structuré.

Selon le cabinet SBM Intelligence, cette « industrie » du crime a généré environ 1,66 million de dollars entre juillet 2024 et juin 2025. L’enlèvement de masse de novembre dernier (300 élèves et professeurs d’une école catholique) avait déjà montré que les institutions religieuses et scolaires sont devenues des cibles privilégiées en raison de la pression sociale et médiatique qu’elles génèrent.

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