Niger : Le Général Tiani chiffre à 300 millions de FCFA le financement présumé de l’attaque de l’aéroport par des chefs d’État
Dans un entretien exclusif accordé à la télévision nationale (RTN), le président de la transition nigérienne, Abdourahmane Tiani, a durci le ton. Il maintient ses accusations de « collaboration » contre certains présidents africains et révèle des détails précis sur le montage financier et opérationnel de l’attaque contre l’aéroport Diori Hamani et la base aérienne.
Niamey, le 15 février 2026 – La rupture semble totale entre Niamey et certains de ses voisins. Le Général Tiani affirme désormais détenir les preuves d’un financement occulte visant à déstabiliser le régime de transition par le biais de groupes armés terroristes.
Un financement de 300 millions de FCFA
Selon le chef de l’État nigérien, l’opération contre l’aéroport et la base aérienne n’était pas une initiative isolée des groupes terroristes, mais une commande financée à hauteur de 300 millions de FCFA par des « sponsors » politiques.
Le Général a détaillé la répartition de cette somme :
- 200 millions de FCFA alloués aux préparatifs logistiques de l’offensive.
- 100 millions de FCFA versés spécifiquement pour la revendication de l’acte.
Tiani souligne une anomalie dans le mode opératoire habituel des groupes djihadistes : « Contrairement aux habitudes, c’est près de 72 heures après que l’EIGS a revendiqué. Il a bénéficié pour cela de 100 millions de FCFA cash ».
Une coalition inédite : GSIM, EIGS et Boko Haram
L’une des révélations les plus marquantes de cet entretien concerne la collaboration opérationnelle de groupes pourtant souvent rivaux. Le président nigérien a énuméré les forces en présence lors de l’assaut :
- GSIM (Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans) : 10 motos.
- EIGS (État Islamique au Grand Sahara) : 10 motos et 1 véhicule.
- Boko Haram (aile ISWAP) : 20 motos.
Pour le Général Tiani, ce regroupement hétéroclite sous une même bannière opérationnelle est la preuve d’une coordination extérieure orchestrée par les pays qu’il avait précédemment cités.
« Nous avons des éléments »
Face aux critiques dénonçant des accusations sans fondements, le Général Tiani s’est montré ferme. Il assure que ses services de renseignement ont réuni des preuves matérielles avant toute prise de parole publique.
« Chaque fois que nous sortons pour dire quelque chose, c’est parce que nous avons des éléments. Vous ne pouvez pas vous offusquer quand on cite vos noms si vous participez financièrement en connaissance de cause. »
Cette sortie médiatique intervient dans un climat de tension extrême au sein de la sous-région, où le Niger, le Mali et le Burkina Faso (réunis au sein de l’AES) dénoncent régulièrement des ingérences extérieures et des tentatives de déstabilisation.

