NIGER : Le général Tiani à la Base 101 après l’attaque de Niamey
Ce jeudi 29 janvier 2026, le président de la transition nigérienne, le général Abdourahmane Tiani, s’est rendu sur le site de la Base Aérienne 101, située à proximité de l’aéroport Diori Hamani. Cette visite intervient quelques heures seulement après une « tentative d’infiltration » repoussée par les forces nigériennes et leurs alliés.
1. Une riposte éclair en 20 minutes
Accueilli par son ministre de la Défense, le général Salifou Mody, le chef de l’État a pu observer les dégâts et le dispositif de sécurité renforcé. Selon ses déclarations :
- L’attaque : Elle s’est produite dans la nuit du 28 au 29 janvier.
- La riposte : Le général Tiani a salué la « prompte réaction » des Forces de Défense et de Sécurité (FDS).
- Le soutien russe : Le président nigérien a explicitement remercié les « partenaires russes » pour leur rôle dans la mise en déroute des assaillants en moins de 20 minutes.
2. Accusations contre des « mercenaires téléguidés »
Le discours officiel s’est voulu offensif. Pour le général Tiani, les assaillants ne sont pas des acteurs isolés mais des exécutants à la solde de puissances étrangères :
- La cible : L’aéroport international et la base militaire, points stratégiques du pays.
- Le qualificatif : Il a décrit l’opération comme une tentative menée par des « mercenaires téléguidés » cherchant à déstabiliser la transition.
3. Une attaque verbale contre Paris, Cotonou et Abidjan
Le moment fort de ce déplacement a été la déclaration politique virulente à l’encontre de plusieurs chefs d’État. Le général Tiani a directement nommé ses adversaires :
- Les cibles : Emmanuel Macron (France), Patrice Talon (Bénin) et Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), qu’il accuse d’être les « sponsors » de cette attaque.
- La menace : Reprenant une métaphore animalière, il a lancé : « Nous les avons suffisamment écoutés aboyer. Qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir. »
Cette sortie du général Tiani confirme deux tendances majeures : d’une part, l’ancrage militaire définitif du Niger auprès de la Russie (ex-groupe Wagner ou Africa Corps), et d’autre part, l’isolement diplomatique total vis-à-vis de l’axe Paris-Cotonou-Abidjan. Le choix des mots (« rugir ») suggère que le régime militaire nigérien pourrait envisager des mesures de rétorsion, qu’elles soient diplomatiques, économiques ou militaires, dans un climat de guerre froide régionale au sein de l’espace CEDEAO/AES.

