« Ndogou » au Palais : Awa Sy exprime sa déception après ses échanges avec Bassirou Diomaye Faye

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a convié vendredi dernier les députés de Pastef à un « ndogou » au Palais. Si certains parlementaires ont décliné l’invitation, d’autres ont choisi d’y répondre favorablement.
Parmi eux, la députée Awa Sy, qui a tenu à expliquer publiquement les raisons de sa présence et à revenir sur la teneur des échanges.
Une décision prise après hésitation
Awa Sy reconnaît avoir longuement hésité avant d’accepter l’invitation présidentielle. « Au début, pour être honnête, j’avais décidé de décliner », confie-t-elle, évoquant les nombreux appels et messages reçus, tantôt pour l’encourager à s’y rendre, tantôt pour l’en dissuader.
Elle affirme avoir finalement choisi d’y aller afin d’entendre directement la version du chef de l’État, dans un contexte marqué par des tensions perçues entre Ousmane Sonko et le président.
Des interrogations sur la place de la coalition
Au cœur des discussions : l’avenir politique du parti et la place de la coalition au pouvoir. Selon la députée, les parlementaires présents ont exprimé, sans détour, leur attachement au combat mené depuis 2014 et leur incompréhension face à la priorité accordée à la coalition formée en 2024.
« Nous nous sommes battus pour l’élire à cause de Sonko », a-t-elle martelé, estimant qu’un soutien clair à une éventuelle candidature de ce dernier en 2029 constituerait une forme de reconnaissance.
Les députés auraient ainsi demandé au chef de l’État de dissoudre la coalition et de revenir exclusivement à son parti d’origine.
Les réponses du chef de l’État
D’après Awa Sy, le président a indiqué que les différends évoqués remontaient au mois de juillet. Il a apporté des précisions sur son absence à certains événements politiques, invoquant des contraintes de santé ou d’agenda international.
Concernant la coalition, il aurait assumé son maintien, rappelant que Pastef était dissous au moment de sa création. Il aurait également nié toute volonté d’écarter le parti, tout en demandant aux députés de ne pas lui donner le sentiment d’être mis en cause prématurément, alors que son mandat n’a pas encore atteint deux ans.
Une déception assumée
Malgré ces explications, Awa Sy se dit déçue. Elle affirme ne pas avoir été rassurée par les réponses du président et considère que celui-ci « a pris sa propre voie ».
La députée réaffirme son engagement personnel en faveur d’une candidature d’Ousmane Sonko en 2029 et rejette toute idée d’intégration forcée du parti au sein de la coalition.
« Je suis PRO Sonko, et je le resterai », conclut-elle, tout en précisant qu’elle n’aurait pas participé à la rencontre sans l’accord préalable de ce dernier.
Cette prise de position illustre les débats internes qui traversent actuellement la majorité et laisse entrevoir des enjeux politiques majeurs à l’approche des prochaines échéances électorales.

