Mobilisation à Dakar : Le peuple réclame le retour des « 18 de Casablanca »

DAKAR — Un mois et dix jours après la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2026, la ferveur a laissé place à l’indignation. La marche pacifique organisée ce samedi a rassemblé familles, membres du « 12e Gaïndé » et citoyens anonymes pour dénoncer le sort des supporters condamnés suite aux heurts du 18 janvier dernier.
Un cri du cœur pour la « clémence et la diplomatie »
Le cortège, parti de la Place de la Nation (ex-Obélisque) pour rejoindre le siège du ministère des Affaires étrangères, a défilé dans le calme mais avec une détermination apparente. Les slogans étaient clairs : « Libérez nos Lions de la tribune » ou encore « Justice et Clémence pour les supporters ».
Pour rappel, ces 18 supporters avaient été interpellés à l’issue de la finale. Accusés de dégradations de biens publics et d’affrontements avec les forces de l’ordre marocaines, ils ont été jugés et condamnés à des peines de prison ferme, une sentence jugée « excessive » par les organisations de défense des droits des supporters au Sénégal.
Le défi de la diplomatie sportive
Cette marche intervient alors que la pression monte sur les autorités sénégalaises pour accélérer les négociations bilatérales avec le Royaume chérifien.
- La médiation de la FSF : La Fédération Sénégalaise de Football, par la voix de ses responsables, a assuré être en contact permanent avec la FRMF (Fédération Royale Marocaine de Football) pour trouver une issue favorable.
- L’axe Dakar-Rabat : Les familles des détenus appellent le président de la République et le Premier ministre Ousmane Sonko à utiliser les leviers diplomatiques et les liens historiques entre les deux pays pour obtenir une grâce royale ou un transfèrement.
Une cellule de crise au chevet des familles
En marge de la marche, le collectif de soutien aux familles a annoncé la mise en place d’une cellule de veille. L’objectif est de fournir une assistance juridique aux détenus à Casablanca et un soutien moral et matériel aux familles restées au Sénégal, dont certaines se trouvent dans une situation précaire depuis l’incarcération de leurs proches.
Entre émotion et raison d’État
Si la ferveur de la CAN est terminée, la blessure reste ouverte pour la communauté sportive sénégalaise. La marche de ce samedi prouve que la solidarité nationale dépasse le cadre du terrain. Le regard du pays est désormais tourné vers Rabat, dans l’espoir d’un geste de clémence qui permettrait aux « 18 » de retrouver leurs foyers.

