Mines : Le Niger résilie les conventions de trois sociétés d’affinage d’or pour « manquements graves »

NIAMEY — Le gouvernement de transition du Niger durcit le ton dans la gestion de ses ressources extractives. Lors du dernier Conseil des ministres, les autorités ont acté la résiliation des conventions d’établissement liant l’État aux sociétés COMINI SARL, AFRIOR SA et ECOMINE SA. En cause : un non-respect systématique des cahiers des charges et des réglementations minières en vigueur depuis 2023.
Par la Rédaction (Économie & Mines)
Cette décision marque une volonté affichée du pouvoir militaire de reprendre le contrôle sur la chaîne de valeur de l’or, en exigeant une contribution réelle des entreprises au développement national et local.
Une liste de griefs accablante
Le gouvernement reproche à ces trois entreprises d’avoir ignoré des engagements contractuels pourtant essentiels à l’économie et au tissu social nigérien.
Les manquements identifiés concernent plusieurs piliers stratégiques :
Absence de financement des plans de développement au profit des communautés riveraines. Non-respect de la priorité d’embauche pour le personnel nigérien. Défaut de paiement des taxes et impôts, et absence de rapports techniques et financiers annuels. Violation des normes de protection de l’environnement en vigueur.
Un processus de mise en demeure resté sans effet
La rupture n’est pas soudaine. Le communiqué du Conseil des ministres souligne que l’État a épuisé les voies de recours amiables avant d’en arriver à la résiliation :
17 février 2025 : Première mise en demeure adressée aux trois sociétés.
23 juillet 2025 : Seconde mise en demeure suite à l’absence de régularisation.
Malgré ces avertissements, seule la société ECOMINE SA a apporté une réponse, jugée toutefois « partielle » et assimilée par le gouvernement à une inexécution volontaire.
Un signal fort envoyé aux investisseurs
Cette mesure s’inscrit dans une politique plus large de révision des partenariats miniers au Niger. En frappant ces raffineurs d’or, Niamey envoie un message clair : l’exploitation des ressources naturelles doit désormais s’accompagner d’une reddition de comptes stricte et d’un impact visible sur le développement local.
Le gouvernement semble déterminé à ne plus tolérer les « entreprises paravents » ou celles qui s’affranchissent des obligations fiscales et environnementales au détriment du Trésor public.
La résiliation de ces conventions laisse le champ libre à une possible réorganisation du secteur de l’affinage au Niger, potentiellement au profit de nouveaux partenaires plus enclins à respecter le Code minier national. Pour les travailleurs nigériens de ces entreprises, l’incertitude demeure quant à la reprise des activités sous de nouvelles bannières.

